Des chums et des blondes

Comme l’indique Christine Delphy dans Un universalisme particulier. Féminisme et exception française (1980-2010) (Editions Syllepse, Paris 2010) Accaparement de la totalité de l’humanité par une partie de l’humanité ou la rhétorique républicaine comme arme terrible contre l’égalité substantielle : « les faits n’existent pas avant qu’on les ait vus. Et pas seulement vus, mais interprétés ».

Si le plus souvent, en France, au nom d’un universel à la fois abstrait et inconséquent, présumant à la fois la non-diversité et réduisant les un-e-s et les autres à un individu type (mâle, hétérosexuel, de « souche », de couleur blanche, etc…), il existe un véritable déni permanent des réalités, et de leurs effets sur les individu-e-s (exploitations, oppressions, inégalités, discriminations, sexisme, racisme, hétéro-sexisme, etc…).

Nos ami-e-s du Québec, y compris dans des lieux institutionnels du savoir, font un travail remarquable de dévoilement et d’interprétation des faits.

Confère ce rapport de synthèse de recherche faite par Line Chamberland avec la collaboration de Michael Bernier, Christelle Lebreton, Gabrielle Richard et Julie Théroux-Séguin.

En introduction, les auteur-e-s présentent leur recherche et fournissent quelques définitions.

Je choisis de rappeler certaines parties de définitions et pour commencer, la présomption d’hétérosexualité « Par ailleurs, comme l’hétérosexualité est généralement présumée, le coming out est toujours à recommencer auprès de nouvelles personnes ou dans une nouvelle situation, par exemple à l’occasion d’un changement d’école ou d’emploi, à l’arrivée de nouveaux collègues de travail ».

Hétérosexisme : « L’hétérosexisme établit une différenciation et une hiérarchie entre hétérosexualité, considérée comme allant de soi, normale, conforme à la nature, et l’homosexualité, assimilée à une sexualité inférieure, anormale ou pathologique » ou « Une forme courante d’hétérosexisme que l’on peut observer dans les interactions quotidiennes est la présomption d’hétérosexualité, soit le fait de tenir pour acquis que tout le monde est hétérosexuel ».

Homoparentalité : et que dire des familles hétéroparentales ?

Orientation sexuelle : « Lorsqu’elle est hétérosexuelle, l’orientation sexuelle d’une personne est généralement présumée, considérée comme allant de soi, sans qu’on ait à la mentionner »

Aménagements identitaires : « L’expression  »aménagements identitaires » désigne l’ensemble des choix effectués dans la présentation de soi à l’intérieur de différents contextes sociaux de façon à divulguer ou dissimuler son orientation homosexuelle, à être plus ou moins out ».

Trois parties :

  1. Dire ou taire son homosexualité en milieu de travail

  2. L’homophobie dans le milieu de travail

  3. Le respect des droits

Trois citations issues de la seconde partie :

  • « Les gais et les lesbiennes seront donc appréhendés à travers cette caractéristique centrale que serait leur dérogation aux normes de genre : c’est par ce prisme qu’on les ridiculise ou, plus précisément, qu’on les valorise à travers des stéréotypes qui leur attribuent des traits positifs, mais toujours associés au féminin »

  • « Le deuxième thème auquel se rattachent plusieurs stéréotypes est celui de la sexualité. Le préjugé le plus fréquent et qui irrite le plus les personnes interviewées, est celui de l’hypersexualisation : que ce soit par des questions, des allusions, des blagues ou des critiques, la perception des gais et des lesbiennes se focalise sur leur sexualité au détriment de tout autre aspect de leur personnalité »

  • « Les lesbienne font l’objet de préjugés spécifiques qui reposent pour la plupart sur l’idée d’une incomplétude intrinsèque de la sexualité entre deux femmes puisqu’il y manque une présence masculine »

Une présentation simple et des analyses approfondies.

« A l’aube du 21e siècle, les personnes homosexuelles aspirent à travailler dans un environnement sain et sécuritaire, où leurs droits sont respectés. Elles ne devraient pas avoir à adopter des attitudes défensives, encore moins à se cacher, afin de se prémunir des effets négatifs de l’homophobie. Il en va de notre responsabilité collective de travailler à la création de milieux de travail accueillants et ouverts à la diversité sexuelle. Être en sécurité dans son milieu de travail, c’est un droit pour tous et toutes ! » Commençons, les un-e-s et les autres, à abandonner les présomption d’identité qui ne sont que la dictature de normes que l’on voudrait nous faire croire « naturelles ».

Pour une approche plus théorique : Nouvelles Questions Féministes (NFQ) : Homophobie, Vol 31, N°1 / 2012, Editions Antipodes, Lausanne 2012 Derrière la fausse neutralité du mot, ne pas oublier l’hétéro-sexisme

Line Chamberland : Gais et lesbiennes en milieu de travail

Rapport de synthèse de recherche

http://www.ccdmd.qc.ca/ri/homophobie/medias/pdfs/homophobie_integral.pdf

Collège de Maisonneuve, UQAM, IREF 2007, 122 pages

Didier Epsztajn

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