16 mai: Mobilisations identitaires et luttes de classes. Indianisme et émancipation en Amérique latine.

Séminaire “Les pensées critiques contemporaines”, Paris EHESS
Prochaine séance autour de textes de Álvaro García Linera (Bolivie) avec Franck Gaudichaud, politiste et MCF en civilisation hispano-américaine (Grenoble 3) et Hervé Do Alto, doctorant en science politique (Sciences Po Aix) et ATER (Nice).Les séances ont lieu le mercredi de 17h à 19h à l’EHESS, 105 bd Raspail, salle 7.

Le « tournant à gauche » qui caractérise l’Amérique latine au cours des années 2000 laisse entrevoir un étonnant paradoxe : s’il traduit la montée en puissance de mouvements sociaux unis par un commun rejet des politiques néolibérales, il consacre également la relative marginalité de la gauche « traditionnelle » dont le principal référent était le marxisme, au profit de courants s’identifiant plus volontiers à l’indianisme et à la défense des populations autochtones, dites « originaires ». Ce processus d’ethnicisation de la vie politique latino-américaine montre combien la « question indigène » est devenue centrale au sein du camp populaire, au point d’avoir été érigée en enjeu principal des mobilisations sociales en faveur des nouvelles constitutions dites « plurinationales » en Équateur et en Bolivie. Au détriment de la lutte de classes, comme le prétendent certains marxistes ? Ou au risque de remettre en cause les principes républicains des jeunes démocraties du continent, comme l’affirment les intellectuels libéraux ? Ou encore parce que les mouvements identitaires seraient le nouveau moteur de l’histoire de l’Amérique latine démocratique, comme l’affirment les héritiers d’Alain Touraine ? Dans son texte « Indianisme et marxisme, la non-rencontre de deux raisons révolutionnaires » qui traite particulièrement du cas bolivien, le sociologue et vice-président bolivien Álvaro García Linera souligne le potentiel émancipateur de la pensée indianiste, et revient sur les conditions historiques de son émergence, notamment vis-à-vis d’une gauche qui a souvent renoncé à reconnaître tout autre domination que celle liée à la contradiction opposant le capital au travail. La discussion de ce texte permettra donc de s’interroger sur les usages théoriques et pratiques de l’idéologie indianiste dans la conjoncture actuelle, comme sur les difficultés et tensions engendrées par les tentatives d’articulation avec le marxisme dont elle fait – trop rarement – l’objet.

Texte support

Bibliographie

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.