L’implication (directe ou indirecte) des STN dans les violations des droits humains n’est plus à démonter

Dans cette petite brochure du CETIM, Alejandro Teitelbaum et Melik Özden analysent le rôle des sociétés transnationales (STN) du point de vue des droits humains et de leur violation.

Premier élément : la concentration de pouvoir et le vidage de tout contenu de la démocratie représentative. « Dans une étude pluridisciplinaire portant sur 43 000 SNT, trois chercheurs de l’Institut fédéral de technologie de Zurich concluent que 737 STN contrôlent, à travers de denses et complexes réseaux tissés au niveau mondial entre toutes les STN, 80 % des valeurs de l’ensemble des STN et que 147 d’entre elles (qualifiées de  »super-entity » par ces chercheurs) en contrôlent 40% ». Une réalité qui contraste avec les fables sur la place des PME ou des artisans !!!

Première partie : « Les tentatives infructueuses d’établir des normes internationales obligatoires pour les sociétés transnationales »

Les auteurs soulignent, entre autres, que l’ouverture à la participation directe des STN dans une instance formelle de l’ONU pose de nombreux problèmes. En effet les STN ne sont pas des entités démocratiques et transparentes, elles défendent des intérêts particuliers « leur motivation est d’obtenir le maximum de bénéfices », elles sont juges et parties dans l’instance « censée proposer des mesures contre ces dernières afin de prévenir et/ou sanctionner les violations des droits humains », elles disposent de moyens immenses face à beaucoup d’États du Sud. Les auteurs montrent que « le Global Compact n’est qu’un simple instrument des grandes STN ».

Seconde partie « Les STN, l’industrie d’armement et les guerres ». Les auteurs nous rappellent que l’industrie d’armement est presque à 100% privée et que, dans le système capitaliste, ces industries doivent entrer en compétition pour conquérir de nouveaux marchés, inventer des produits de plus en plus perfectionnés, c’est à dire plus destructeurs et meurtriers. Au delà des propos des auteurs, je souligne que cela ne semble pas beaucoup préoccuper les syndicats de salarié-e-s de ces entreprises : ces produits du travail ont pour « vocation plausible » la destruction de l’environnement ou de vies d’autres humains. N’a-t-on pas vu récemment des syndicalistes français se féliciter de la vente d’avions Rafale à l’Inde !!!

Alejandro Teitelbaum et Melik Özden nous rappellent que « la Grèce est l’un des trois principaux clients en armements de l’Allemagne et de la France ». L’achat de ces armements à quelque chose à voir le niveau de la dette grecque et aussi avec son caractère illégitime et odieux. Sur ce sujet, les livres de Damien Millet et Éric Toussaint : La dette ou la vie (CADTM et Editions Aden, Liège et Bruxelles 2011) FMI partout, justice nulle part ! et AAA Audit Annulation Autre politique. Crise de la dette : la seule façon d’en sortir (Seuil, Paris 2012) AAA : le ricanement des hyènes

Les auteurs analysent aussi le rôle de l’Otan qui a « étendu son rayon d’action, qui est passé de théoriquement défensif à clairement offensif, dont les opérations s’étendent bien au-delà des territoires de ses États membres ». Serait-il abusif de considérer le rôle « marketting » de cette organisation dans la vente d’armes ?

Quoi qu’il en soit, la guerre est vitale pour les industries d’armements. Que les principaux fournisseurs d’armements soient aussi ceux qui contrôlent le Conseil de sécurité de l’ONU ne saurait être un point négligeable ou anodin !!!

Troisième partie « Les STN de mercenariat » ou le libéralisme et la privatisation des opérations militaires et de polices « Les gouvernements recourent de plus en plus à des sociétés militaires et de sécurités privés (SMSP) » qui jouissent de l’immunité dans le cadre de leurs activités.

Les auteurs terminent par « Le capital financier transnational, les crises et la détérioration des conditions de vie ». Ils analysent entre autres, le rôle de la spéculation et des STN agroalimentaires dans la hausse des prix des denrées alimentaires, les crises financières et le chantage aux dettes. Au passage, ils nous rappellent que les principaux paradis fiscaux sont sur le territoire des grandes puissances ou sont contrôlés par elles (City de Londres, île de Jersey, île de Man, État de Delaware aux USA, Monaco, Macao, Hong Kong, îles caïman, etc…)

Un petit cahier critique très utile.

Alejandro Teitelbaum et Melik Özden : Sociétés transnationales acteurs majeurs dans les violations des droits humains

CETIM Cahier critique N° 10, 29 pages

http://cetim.ch/fr/publications_cahiers.php

Didier Epsztajn

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