Ségrégation économique

Lorsqu’on parle d’égalité professionnelle, un chiffre revient souvent : 80% des travailleurs précaires sont des femmes. Une grande part d’entre elles est constituée de femmes immigrées et sans-papiers.

En dépit des idées reçues, les femmes n’émigrent plus seulement pour accompagner ou rejoindre un conjoint en France. La part des femmes dans les migrations liées à des raisons économiques ne cesse d’augmenter. Mais beaucoup d’entre elles occupent des emplois à temps partiel ou fractionné. De par leur sexe et leur origine, les femmes immigrées sont victimes de clichés et d’une double discrimination à l’embauche. Lorsqu’elles sont diplômées, la France ne reconnaît que rarement leurs diplômes étrangers. Dès lors, pas étonnant de les voir cantonnées aux secteurs de la restauration, du nettoyage, de l’hôtellerie, de la confection et surtout des services à la personne. Autrement dit, des métiers très dévalorisés par la société et dont les conditions de travail sont souvent déplorables. Comme l’affirme l’Organisation Internationale du Travail (OIT), « le travail domestique continue d’être sous-évalué et invisible (…) effectué principalement par des femmes (…) dont beaucoup sont migrantes ou appartiennent aux communautés historiquement défavorisées et donc particulièrement exposées à la discrimination. »

Parmi elles, une part importante n’a pas de papiers et travaille au noir. On estime à 400 000 le nombre de travailleurs sans papiers en France. Or, en l’absence de titre de séjour, exit les fiches de paye, les congés et les prestations sociales. Par là-même, l’Etat les enferme dans la précarité et se sert d’elles comme variable d’ajustement dans l’économie… et dans un discours de plus en plus xénophobe.
En outre, comment négocier ses conditions de travail ou connaître une évolution professionnelle en l’absence de tout statut légal ? Plusieurs grèves de travailleurs sans-papiers ont été lancées. A chaque fois, des femmes y ont pris part, malgré la difficulté de se rassembler. En effet, les emplois qu’elles occupent se caractérisent majoritairement par un éparpillement des salariés. Lors du mouvement contre la réforme des retraites au printemps 2010, on a pu entendre dans les cortèges des voix s’élever pour rappeler « On vit ici, on bosse ici, on reste ici ! Régularisation, de tous les travailleurs et toutes les travailleuses sans papiers ! »
Fatima-Ezzahra Benomar, publié sur le site Osez le féminisme

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