Pour être libre, il faut faire taire sa peur

Ce livre de mémoires mérite plus que le détour. C’est, au delà des expériences décrites, une invitation à être debout, à ne pas céder au pessimisme des situations et à regarder devant vers les transformations, même très partielles, des êtres en société.

Ne pas accepter l’état des choses et des parcages des individu-e-s dans des situations toujours socialement et historiquement construites, à commercer par le quotidien dominé des femmes dans les relations matrimoniales/patrimoniales.

Si l’expérience de la lutte auto-organisée et autogérée de LIP « On fabrique, on vend, on se paie » est au centre de lu livre de Monique Piton, il convient de s’attarder sur les autres chapitres. Au début de l’ouvrage « Bonniche », l’auteure souligne « être bonne à tout faire c’était une sorte d’enfermement. On n’a jamais fini, il n’y a pas d’horaires » ou « On n’est pas une vraie personne ». Effacement, invisibilité, non-reconnaissance, assignation, il s’agit toujours de mise en place, de fixation ou de mise hors jeu.

Dans les derniers chapitres, expériences dans le développement social d’un quartier ou de projets municipaux, l’auteure revient sur la place toujours centrale des femmes, les possibilités concrètes favorisant leurs questionnements et leurs interventions dans les choses de la cité, la modification des pratiques, jamais réductibles à une quelconque identité.

Des femmes ou des jeunes des cités qui ne sont jamais, faut-il le répéter, par essence les assignations, journalistiques ou politiques, plus ou moins fantaisistes  »quartiers difficiles, racialisation, islamisation, désœuvrement ou délinquance » mais de membres actif-ve-s d’une société profondément injuste qui organise le chômage, l’exploitation ou les dominations.

Monique Piton montre ce qui est possible immédiatement pour soi et pour/par les autres, les multiples exemples de non résignation et de faire ensemble pour ouvrir les champs du possible « j’avais dit  »je choisirais » », sans oublier son talent de narratrice qui fait d’une vie, un livre passionnant.

Monique Piton : Mémoires libres

Editions Syllepse, Paris 2010, 238 pages, 16 euros

Didier Epsztajn

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