Mémoires contre falsifications de l’histoire

Il convient de lire et relire les témoignages du siècle passé pour ne jamais oublier que les femmes et les hommes sont toujours actrices et acteurs et non des êtres passifs. L’histoire n’est ni le défilement d’un temps vide, ni une catastrophe ou une libération où les un-e-s subissent des événements sans profondeur. Il s’agit ici de faits socialement et historiquement construits, d’individu-e-s et de groupes aux intérêts convergents/divergents au sein de systèmes hiérarchiques et inégalitaires, etc…

Ce travail de mémoire, là sur l’esclavage ou les colonisations, là bas sur les massacres ou les guerres, ici simplement sur un moment du monde yiddish.

Contre une histoire transformant les populations, se reconnaissant ou non comme juives, en groupe homogène et en victimes transhistoriques et permanentes, il faut souligner les diversités des organisations sociales, les disputes religieuses, les groupements politiques et associatifs, les actions réelles qu’elles soient indignes ou admirables.

Contre les mensonges sionistes et les détestations du monde yiddish, contre les mensonges staliniens et l’alliance avec le nazisme pour dépecer la Pologne, contre les mensonges des establishments des « communautés » juives sur leur collaboration (partielle) avec les ordres existants, contre l’absence d’aides substantielles aux résistant-e-s contre l’occupation allemande, contre les silences oublieux de la pluralité des partis seréclamant de la révolution ou des alternatives socialistes non territoriales.

Contre une histoire lisse et sans aspérité, en mémoire du BUND et de tou-te-s les juives et juifs du ghetto de Varsovie, souvent ouvrières et ouvriers, et des autres populations détruit-e-s par le nazisme et ses complices dans la plupart des pays civilisés de cette région du monde, une lecture témoignage des quotidiens de vie et de résistance.

Un cri contre le tombeau de la mémoire embaumée et sans consistance des journées du souvenir.

Quelques lectures complémentaires possibles:

 

 

 

 

Anthologie de la poésie Yiddish, le miroir d’un peuple, édition de Charles Dobzynski, réédition en 2000 dans la collection Poésie Gallimard

Marek Edelman (Mémoires du ghetto de Varsovie, Editions du Scribe 1983, réédition Liliana Levi), Ionas Turkov (C’était ainsi, 1939-1943 la vie dans le ghetto de Varsovie, Austral 1995), Samuel Schwarzbard (Mémoires d’un anarchiste juif, Editions Syllepse, Paris 2010), Alain Brossat et Sylvia Klingberg (Le Yiddishland révolutionnaire, réédition Syllepse, Paris 2009), Rachel Ertel (Le Shtetl, la bourgade juive de Pologne, Payot 1986), Claudie Weill ( Les cosmopolites, socialisme et judéité en Russie (1797 – 1917), Syllepse 2004), Moshé Zalcman (Histoire véridique de Moshé, ouvrier juif et communiste au temps de Staline, Encres 1977) et l’ouvrage de Nathan Weinstock : Le pain de la misère, histoire du mouvement ouvrier juif en Europe (1984, réédité à La découverte)

 Bernard Goldstein : L’ultime combat. Nos années au ghetto de Varsovie

Zones, Paris 2008, 271 pages, 17 euros

 Didier Epsztajn

 

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