Ces passés qui ne passent pas

La mise en relation des faits, de leurs simplifications ou de leurs dénégations en Europe et en Extrême-Orient élargit la compréhension de l’histoire, de sa construction, de ses dénis. Analyser les « oublis », les mythes, les négations ou les commémorations, permet non seulement d’éclairer le passé mais de mieux comprendre les constructions totalitaires ou génocidaires.

Certains silences sont lourds de conséquences politiques et sociales. Comment penser un avenir, lorsque non seulement le passé ne passe pas, mais qu’il est anéanti sous les mensonges de la rationalité instrumentale moderne ?

Le livre aborde quatre grandes problématiques.

Dans la première : « La seconde guerre mondial et la Shoah » sont analysés successivement le rôle de la SNCF dans les convois de la mort, les constructions et refoulements en RFA et RDA avant la réunification de l’Allemagne, le mythe fondateur de l’Autriche moderne, une comparaison des positionnements après 1945 en Asie de l’est et en Europe, Hiroshima à la télévision japonaise.

La construction du Belomorkanal et sa transcription littéraire, la lecture de l’Archipel du Goulag par Claude Lefort, la mémoire de la violence idéologique en Chine forment un ensemble autour des « Communismes ».

La troisième partie traite des « Colonisations » avec une étude sur les historiens japonais, les viols dans la guerre d’Algérie, la double occultation des guerres françaises du Vietnam, la perversion historiographique et esthétique à travers deux écrivains : Pierre Loti et Peter Handke, le Cambodge et le Rwanda 1994.

Enfin le livre se termine en abordant quelques « Lieux de mémoire » : Le sanctuaire de Yasukuni et la commémoration de Kwangju.

Il convient une fois de plus de souligner les nécessaires retours et confrontations aux passés, dans toutes leurs dimensions. Nous n’en avons pas fini avec les effets des colonisations, des guerres, des génocides et des crimes contre l’humanité.

Rendre le passé aux morts, permet d’avancer vers la construction d’un futur émancipé.

 Sous la direction de Pierre Bayard et Alain Brossat : Les dénis de l’histoire. Europe et Extrême-Orient au XX siècle

Editions Laurence Teper, Paris 2008, 388 pages, 27 euros

 Didier Epsztajn

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