Innombrables histoires

 « Après sa mort, il revenait. Toujours.

Il n’était pas venu seul. Cette foi, il avait amené du renfort.

A soi seul, impossible de raconter un tel nombre d’histoires.

Ils emplissaient toute la ville.

Tout le pays.

La terre entière. »

Une bourgade helvète. 1871, 1893, 1913, 1937 comme carrefour d’improbables d’existences, comme prétexte pour une description tendre et ironique d’une famille juive.

Avec cet imposant roman, Charles Lewinsky semble renouer avec les grands romans familiaux du XIX ème siècle. Mais son style est profondément imprégné de la dissolution des mondes du siècle suivant, celui de la sécularisation et des traditions talmudiques, des mutations sociales, de l’exil, des amours contrariées ou abouties, du différent toujours institué comme autre.

Nostalgie d’un monde irrémédiablement disparu. Et puis, 1945 et le retour de l’oncle Melnitz, mort revenu d’entre les morts, personnage fantomatique croisé à de multiples moments dans ce grand livre. Melnitz, notre oncle, mémoire des histoires, des innombrables histoires ensevelies dans le fracassement du siècle.

Charles Lewinsky : Melnitz

Traduit de l’allemand

Grasset réédition en Livre de poche, Paris 2008, 776 pages, 22,90 euros

 Didier Epsztajn

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