Et le ministre de la justice est…

A l’audience et ici « je serais brève » sur la nomination d’Eric Dupond-Moretti au poste de ministre de la justice que je souhaite aborder, si possible, avec sérénité [1].

Je tiens à préciser préalablement sans animosité que je n’ai aucune admiration spéciale pour Eric Dupond-Moretti et j’ajouterais, afin que nous puissions tous nous détendre entre Confrères, que je n’ai aucune admiration pour aucun.e de mes Confrères ou Consoeurs [2] (même pas pour Henri Leclerc ou Robert Badinter, c’est dire la sal*** hystér**** que je suis).

En effet, il me semble qu’au Barreau (et dans la vie) nous sommes tous et toutes à égalité, quels que soient notre degré de médiatisation, notre chiffre d’affaires ou notre classement dans Le Point. Toutes les oppressions débutent avec la hiérarchie. Par ailleurs, si je commence à admirer et à me laisser impressionner par le Confrère avec sa grosse voix qui plaide en face de moi, comment gagnerais-je mon dossier ? Etre avocat.e, c’est ne se laisser impressionner ni par le juge, ni par l’adversaire, ni par le client, ni par personne.

Eric Dupond-Moretti a donc été nommé ministre de la justice. Lire la suite

Face aux crimes passés des puissances coloniales européennes et au néo colonialisme européen, des réparations s’imposent

Phase 2 du projet ReCommonsEurope : « L’impact des politiques financières européennes et des stratégies de coopération au développement sur le Sud et les alternatives possibles »

Grâce aux mobilisations Black Lives Matter qui ont lieu en 2020 à l’échelle internationale contre le racisme en général, et la négrophobie en particulier, de plus en plus de personnes cherchent à connaître la vérité sur le passé ténébreux des puissances coloniales et la continuité néo-coloniale dans les temps présents. Des statues de personnages emblématiques du colonialisme européen sont déboulonnées ou font l’objet de dénonciations salutaires. Il en va de même avec des statues de personnages qui, aux États-Unis, symbolisent l’esclavage et le racisme. ReCommonsEurope se réjouit de toutes les initiatives et actions qui visent à dénoncer les crimes coloniaux, cherchent à établir la vérité sur les atrocités passées, mettent en évidence les instruments du néo-colonialisme et toutes les formes de résistance du passé jusqu’à aujourd’hui, demandent des réparations et exigent la fin de toutes les formes de discrimination à l’égard des peuples victimes du colonialisme et du néo-colonialisme. Lire la suite

Système prostitutionnel, l’évaluation de la loi abolitionniste du 13 avril 2016

ATTENTION, TROMPERIE ! titrait un article de Zéromacho1 à propos de la réaction de journalistes à la publication de l’évaluation de la loi visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées.

Voici une grande partie de leur texte :

« Bilan mitigé de la loi de 2016 » (Le Monde), « Un rapport étrille la loi sur la prostitution » (Le Canard Enchaîné). Pourquoi ces titres ahurissants dans la presse ? A la lecture, le tant attendu et très fouillé « Rapport d’évaluation de la loi contre le système prostitutionnel » est pourtant clair. Dans les départements où elle est appliquée, le bilan de la loi est largement positif.

Alors, « mitigé », « étrillé » ? Oui, sur un seul point : celui de son application, dont le rapport relève les insuffisances. En résumé, bilan positif, au point que les recommandations portent toutes sur la nécessité d’en renforcer les piliers ! Lire la suite

Du coté du jazz (juillet 2020)

Plaisir du Big Band

Le « Brussels Jazz Orchestra » est un organisme vivant qui sait envelopper de sons le public conquis. Tant de ramages, tant de bruits organisés, tant de bonheur de jouer, d’être ensemble laisse forcément la fenêtre grande ouverte à toutes les escapades. Bien sur on pourrait lui trouver quelques pères putatifs. Sans intérêt. Ne gâchons pas le plaisir d’entendre les compositions et les arrangements de Pierre Drevet, trompettiste soliste en compagnie de la chanteuse Claire Vaillant. « Echange » est un titre qui tient ses promesses. Lire la suite

Réminiscence Ad-Damiyâti

Paris. Juin 2020. Un ami m’offre un vieux numéro de la revue marocaine Lamalif contenant mon texte « Ad-Damiyâti, Personnage de la mythologie populaire marocaine » (Lamalif, N°83, Août – Septembre 1976). Avec le recul du temps, la mémoire contextualise. Je me remémore les circonstances de cette recherche. Dans les années soixante-dix, je suis un jeune sociologue accaparé par des études d’urbanologie. Deux maghrébologues réputés, Jacques Berque et Charles-André Julien, historien anticolonialiste, fondateur et premier doyen de l’université de Rabat après l’indépendance, m’adoptent comme un petit-fils spirituel. Ma dette intellectuelle envers eux est incommensurable. Un jour, j’évoque avec Charles-André Julien les mythologies populaires marocaines, les poètes vagabonds, Abderrrahmane El Mejdoub, les saltimbanques des halkas, les Ouled Hmad ou Moussa, Aïcha Kandicha, Ad-Adamiyâti, qui marquent impérissablement mon enfance. Des légendes inculquées dès la prime éducation. Ainsi se transmettent les fascinations et les peurs ancestrales. Charles-André Julien me tend un catalogue des éditions du Centre National de Recherche Scientifique, m’indique une référence, Le Dictionnaire des Autorités, traduit par Georges Vajda, et me dit : « C’est une énigme historique, mets-toi au travail ». Mustapha Saha

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Femmes étrangères victimes de violences : quelle protection pendant la crise ?

La crise sanitaire du covid-19 a affecté toutes les femmes victimes de violences. Mais pour les femmes étrangères, la situation a été, et est toujours, bien plus fragile. Éclairage avec Violaine Husson, responsable des questions genre et protections à La Cimade.

Les effets de la crise sanitaire du covid-19 sur le droit des femmes ont été observés dans de nombreux pays qui ont constaté une augmentation de la violence domestique. La France n’est pas une exception, la violence domestique a augmenté : les mesures imposant l’isolement ont obligé un certain nombre de femmes à rester au domicile conjugal. Malgré l’augmentation de places d’hébergement, de nombreuses femmes n’ont pu être mises à l’abri. Certaines n’ont pas réussi à porter plainte contre l’auteur∙e de violences, d’autres n’ont pas eu l’information liée à la mise en place de dispositifs spécifiques et notamment les femmes étrangères. Lire la suite

Haïti et la communauté internationale : entre déni et complicité

Un nouveau massacre a été commis en Haïti le 19 juin. Il intervient deux ans après l’insurrection populaire du mois de juillet 2018, qui a initié un climat de corruption et d’insécurité sans susciter de réaction en Europe ou aux Etats-Unis.

Le 19 juin, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le tableau que dressa la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies en Haïti, Helen Meagher La Lime, contrastait avec les analyses des organisations haïtiennes. L’auto-satisfecit qu’elle s’accordait allait de pair avec le soutien apporté aux manœuvres du gouvernement haïtien pour réformer la Constitution et fixer le calendrier électoral. L’absence de référence à la corruption, les paroles aussi creuses que vaines autour de « la bonne gouvernance » et de « la lutte contre l’impunité » opéraient comme un déni de la situation, à l’origine de l’insurrection populaire deux ans plus tôt. Lire la suite

Prostitution : l’ultralibéralisme vainqueur ?

Les médias français ont consacré de nombreux sujets pendant l’épidémie de COVID19 à la situation des personnes prostituées. Une excellente chose ? Oui, mais… car il y a un mais. Le terme lui-même « prostituées » semble avoir disparu du vocabulaire journalistique au profit de celui de « travailleuses du sexe ». Propre aux pays qui ont légalisé le proxénétisme en l’intégrant au monde de l’entreprise, cette terminologie repose sur une logique et des choix de société qui n’ont rien à voir avec le progrès ou l’empathie. Mais bien avec l’intérêt des proxénètes et des « clients -rois ». Lire la suite

Intervenir dans le champ de contradictions refoulées pour les faire apparaitre

« Beaucoup de choses ont changé depuis la mort de Marx en 1883. Sans conteste l’un des changements les plus importants est le dédoublement de la société par un monde imaginaire qui prend les apparences d’un monde hyper réel produit par des images électroniques et une culture médiatique qui trouve ses mobiles dans la publicité et la marchandisation universelle ». Lire la suite

Le soin, le sale le service ou l’importance des mots

Avec l’aimable autorisation de l’autrice

Comment penser le service en démocratie ? Comment y reconnaître à la fois la part du soin et la part du sale ? L’enjeu est d’importance puisqu’il s’agit de mettre un terme à son voisinage avec la servitude. Et d’envisager l’accès à l’égalité pour ceux et celles, dans leur majorité des femmes, qui endossent ces métiers.

« Prenez soin de vous » : un impératif que le bienveillant, le soignant (et aussi toute autre personne) vous envoie en direct. Vous êtes responsable de vous-même. Je suis pour. Celui qui prend soin de moi envoie donc un message paradoxal, il me soigne et me laisse me soigner. Lire la suite

Les rêves brisés de novembre 1918

« L’Alsace, comme son nom l’indique, est un pays appelé aux plus hautes destinées. C’est le pays le plus propre du monde : il change de chemise tous les trente ans. Il digère ses drapeaux aussi aisément que son exquis pâté de foie de piano, célèbre dans le monde entier », Hans Arp et Vicente Huidobro, cités par l’auteur.

Dans son introduction « Novembre 1918 en Alsace-Lorraine, pourquoi ? », introduction-novembre-%E2%80%AF1918-en-alsace-lorraine-pourquoi-a-louvrage-de-jean-claude-richez-une-revolution-oubliee/, publiée avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse, Jean-Claude Richez revient sur cette région annexée par l’empire allemand en 1871, les derniers jours de ce même empire, la Première Guerre Mondiale, la révolution allemande de Novembre, « L’Alsace-Lorraine accompagne l’Empire allemand jusque dans ses derniers soubresauts. Elle participe aux quinze premiers jours de la révolution de Novembre. Cette révolution en Allemagne est d’abord une révolution démocratique qui met un terme au régime impérial comme aux régimes princiers de la plupart des États fédérés au sein de l’Empire. En Alsace-Lorraine, cette révolution coïncide avec son retour dans une France désormais républicaine. » Lire la suite

L’endettement n’est pas qu’une question financière

« Ce document, publié à l’occasion du début de la législature 2019-2024, vise à présenter les constats partagés et les revendications communes de 39 collectifs et organisations à travers l’Europe sur l’enjeu des dettes publiques et privées et sur la nécessité d’un réel contrôle citoyen, tant sur les moyens de financement des États et la gestion des fonds publics, que sur les banques et autres institutions de crédit. Lire la suite

Nous exigeons le retrait de Gérald Darmanin et d’Éric Dupond-Moretti du gouvernement (plus autres articles)

3 ans après #Metoo, le gouvernement nous engage sur un chemin qui nous condamne à une marche à rebours. 

Bâtissez votre carrière sur l’acquittement des hommes accusés
de viol, vous serez ministre de la Justice !

Eric Dupond-Moretti est nommé ministre de la Justice. Affaire d’Outreau, affaire du Carlton, affaire Tron… celui que l’on surnommé « acquittator » est de tous les procès pour obtenir l’acquittement des hommes accusés du viol, des pédocriminels et des proxénètes. La culture du viol alimente sa plaidoirie, il accuse les victimes d’être consentantes. Niant les stratégies des violeurs, les mécanismes d’emprise et les rapports de pouvoir, il affirme « à 30 ans, on n’est plus une potiche incapable de dire non ». Contre la création du délit d’outrage sexiste, il déclare que « les femmes regrettent de ne plus être sifflées ». Pour lui, des hommes accusés de proxénétisme aggravé dans l’affaire Carlton sont « des copains qui s’offrent du bon temps ». Loin de reconnaître le vécu traumatique des violences sexistes et sexuelles, il vocifère à l’encontre des plaignantes de l’affaire Tron « moi, je vous sauterais à la gorge ». Dans l’affaire Outreau, lors du contre-interrogatoire des enfants victimes, il terrorise une enfant de 7 ans qui a uriné sur elle de peur. Suite au procès Outreau, c’est la parole des enfants victimes de viols pédocriminels qui est remise en cause plus largement, et les condamnations pour viol chutent de 40% en 10 ans. Aux associations féministes qui luttent pour l’égalité entre les femmes et les hommes (l’AVFT), il assène « vous préparez un curieux mode de vie aux générations futures » et il reprend à son compte les rances poncifs qui dénoncent « l’hystérisation du débat ».  Lire la suite

Après la crise sanitaire, le nécessaire contre-pouvoir des associations 

Merci à Antonio pour avoir signalé ce texte

Tribune. Début avril, l’association Utopia56 a rendu publique une liste de 37 amendes dressées contre ses bénévoles entre le 19 mars et le 8 avril, alors qu’ils distribuaient du matériel et de la nourriture à des exilés à Calais. Le document est accompagné d’une vidéo dans laquelle un policier exprime clairement son intention d’« user » les militants en multipliant les contrôles et les amendes. Le 1er mai, les Brigades de solidarité populaire de Montreuil organisaient une distribution gratuite de fruits et légumes, leur action de solidarité sera interrompue par une trentaine de policiers, avec cette justification inédite : « action revendicative »,interdite durant le confinement, les participants sont verbalisés. Lire la suite

Les déboulonneurs de statues n’effacent pas l’histoire, ils nous la font voir plus clairement

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

L’anti-racisme est une bataille pour la mémoire. C’est l’une des caractéristiques les plus remarquables de la vague de protestations qui a déferlé sur le monde après l’assassinat de George Floyd à Minneapolis. Partout, les mouvements antiracistes ont remis le passé en question en ciblant des monuments qui symbolisent l’héritage de l’esclavage et du colonialisme : le général confédéré Robert E. Lee en Virginie ; Theodore Roosevelt à New York ; Christophe Colomb dans de nombreuses villes américaines ; le roi belge Léopold II à Bruxelles ; le marchand d’esclaves Edward Colston à Bristol ; Jean-Baptiste Colbert, ministre des finances de Louis XIV et auteur du tristement célèbre Code noir en France ; le père du journalisme italien moderne et ancien propagandiste du colonialisme fasciste, Indro Montanelli, etc. Lire la suite

Je refusais de ne pas faire quelque chose, juste parce que j’étais une femme

« Sur les routes que les femmes ont choisies, nous avons trouvé de la joie, de la puissance, des vagabondages qui émancipent, des rencontres inattendues, des amitiés fugaces ou éternelles, des questions et des réponses… »

Dans son éditorial, « Mille et une femmes, mille et une routes », Sabine Panet parle, entre autres, de la poétesse Rupi Kaur, de la poésie comme un pont, du privilège de pouvoir se déplacer, de la pandémie du Covid-19, des histoires et des voyages racontés par des femmes, des obstacles et des femmes en mouvement… Lire la suite

« Affaire Mawda : pourquoi nous demandons un procès d’Assises »

La mort de la petite Mawda, dans la nuit du jeudi 17 au vendredi 18 mai 2018, des suites d’un tir policier a eu lieu dans le cadre des opérations Médusa de traques aux migrants. Depuis l’affirmation policière selon laquelle la petite serait décédée des suites d’un hématome crânien (la thèse de l’enfant bélier) – mensonge construit dès les premières minutes et affirmé par les policiers aux ambulanciers et infirmières arrivées sur les lieux – jusqu’à la thèse de la camionnette comme « arme par destination » soutenue par le parquet de Mons, le cadre gouvernemental de traque aux migrants semble surdéterminer l’instruction telle qu’elle a été menée jusqu’à aujourd’hui. Tous les ingrédients d’une affaire d’Etat semblent donc réunis.

Il s’agit d’un meurtre. Le policier qui a tiré a d’abord armé son pistolet à l’aide de ses deux mains, puis exercé une force sur la gâchette pour effectuer le tir à hauteur d’homme en direction de la camionnette qui a tué Mawda. Lire la suite

Reconnaissance de l’utilité des métiers à dominante féminine et transformation sociale

Merci à Christiane Marty qui a permis la reproduction de cet article

La crise actuelle met en lumière la contradiction qui existe entre, d’un côté l’apport essentiel de certains métiers pour le bien-être général et la satisfaction des besoins du quotidien, et, de l’autre, la faiblesse de leur rémunération et de leur reconnaissance au plan symbolique comme économique. Cette contradiction est particulièrement flagrante pour un ensemble de métiers très féminisés, même si elle concerne aussi certains métiers à dominante masculine comme les routiers, les chauffeurs de bus, les magasiniers…

Sommaire

1. Vers une logique de marchandisation du secteur social

2. Des métiers aux qualifications non reconnues avec des conditions de travail pénibles

3. Quelle société cherche-t-on à construire ?

Pour conclure Lire la suite

Éditorial de Laurent Delcourt : Bolsonaro, président : ressorts et conséquences d’une révolte à rebours

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

L’arrivée de Bolsonaro à la présidence du Brésil n’est pas le résultat d’un simple concours de circonstances. Elle traduit aussi l’offensive des élites brésiliennes contre les avancées sociales et démocratiques réalisées par le pays depuis le début du 21e siècle. Face à cette entreprise de destruction de l’héritage « luliste », la gauche, divisée, peine à trouver la parade. Tandis que la gestion bolsonariste de la pandémie Covid-19 assombrit plus encore les perspectives. Lire la suite

Figures de Jacques Coursil

Que reste-t-il lorsque tout s’éteint ? Des images, des souvenirs brouillés par le temps et l’espace. J’ai une image de Jacques Coursil, lointaine, au piano chez un ami commun et me proposant de jouer à mon tour. Refus poli. Je savais déjà pourtant que ce n’était son instrument. Je savais que ce garçon athlétique était tombé amoureux de la trompette.

Il avait raconté à « Actuel » – la revue qui a collé à la peau de mai 1968 -, repris dans les deux albums qu’il avait réalisés avec son groupe pour BYG (et sur Wikipédia), sa rencontre avec le cornet. Un hasard. Son père, militant au parti communiste, avait voulu lui faire étudier la musique. Le violon s’est imposé. Le prof du quartier Montmartre (Paris) – où il est né en 1938 – ne connaissait que cet instrument. Arrêt brutal. Il écoutait, chez lui, les clarinettistes de la Martinique à commencer par le plus grand d’entre eux génie incontesté et souvent méconnu de l’instrument et de la Biguine, Stellio. Dans ce début des années 1950 – si l’on en croit son témoignage ce serait 1953 -, à Paris, Sidney Bechet s’impose. Les oreilles du jeune Jacques commencent à vibrer pour ce soliste le plus talentueux de l’histoire du jazz. La biguine sans doute le conduit aussi vers Albert Nicholas, sorte de Poulidor de la clarinette de jazz pour ces émigrés de la Nouvelle-Orléans. Il faudrait raconter l’histoire des Oignons… Lire la suite