Plan de sortie de crise

Plus jamais ça ! Un monde à reconstruire

Le contexte de « déconfinement progressif » est encore très incertain et beaucoup dépend de paramètres que personne ne maîtrise, comme la mise au point d’un vaccin ou la découverte de traitements efficaces contre le Covid-19. Mais c’est précisément dans les périodes de choc d’immédiat après-crise que l’histoire s’accélère, que les bifurcations sont engagées ou pas, que les décisions prises conditionnent pour une longue période la construction du futur. L’expérience toute récente est source de prises de conscience et de réflexions de plus long terme sur lesquelles nous entendons bien nous appuyer. Lire la suite

Covid-19 : pensée positive, complot, versus collectif

« Mieux vaut être mâle riche blanc occidental et bien portant que femme pauvre battue racisée/subalterne et malade ». Cette formule librement inspirée de Francis Blanche, pourrait résumer l’ambiance « post-Covid ». En France, parce que la période est difficile, beaucoup essaie de « positiver » leur expérience de confinement et de déconfinement. Même si « on » considère qu’« on a de la chance, on est privilégié », on découvre qu’on peut ne rien faire, travailler à distance, enfin faire ce qu’on a mis de côté, semer des graines dans des pots, se confirmer qu’on s’aime… Ces comportements sont légitimes. Ils sont individuels et procèdent de la survie. Mais qui est vraiment concerné ? Sans doute pas l’infirmière, l’aide-soignante ou la caissière à qui l’employeur n’a pas proposé de travailler à distance. Sans doute pas non plus la mère de famille qui se retrouve à faire les courses, à préparer trois repas par jour pour au moins cinq personnes en plus d’assurer les devoirs scolaires des enfants. Sans doute pas la personne atteinte d’une maladie chronique (cancer, diabète, sclérose en plaques, polyarthrite…) pour qui les traitements ont été suspendus et modifiés et qui souffre davantage. Sans doute pas la personne qui a perdu toutes sources de revenus car son activité a été interrompue de fait par les autorités. Sans doute pas la femme qui se fait davantage battre par son conjoint et ne peut fuir. Lire la suite

Interrogations sur une dimension spécifique d’un programme scolaire

En introduction, Laurence De Cock parle, entre autres, des débats sur le passé colonial, des tensions identitaires, de l’école, « En France, l’école est l’un des objets privilégiés de controverse. L’enseignement de l’histoire y occupe en outre une place telle que les débats autour des contenus d’enseignement y sont réguliers et tendus, nous le verrons en détail », des espaces politiques et des programmes, « Nous touchons ici du doigt l’objet de ce travail, qui consiste à interroger cette progressive problématisation et politisation d’un contenu scolaire devenu l’un des révélateurs des tensions entre l’école, la société, la République et la nation »… Lire la suite

Jair Bolsonaro : entre déni de la pandémie et stratégie de radicalisation

Nouvel épicentre de la pandémie, le Brésil s’achemine vers un drame social et sanitaire. Face au désastre annoncé, le président d’extrême droite, Jair Bolsonaro, de plus en plus contesté pour sa (non) gestion de la crise, joue la carte de la radicalisation et de la confrontation.

Inexorablement, le Brésil s’achemine vers un drame social et sanitaire, et un chaos politique sans précédent. Le nombre de décès liés au coronavirus y double tous les cinq jours. « Notre situation aujourd’hui est pire que celle de l’Italie, de l’Espagne et des États-Unis » avertissait déjà un épidémiologiste fin avril, tandis que la Banque mondiale s’alarmait dans le même temps des conséquences sociales du covid-19 dans un pays empêtré depuis des années dans l’une des plus graves crises économiques de son histoire. Face à ce désastre annoncé, le président Jair Bolsonaro, de plus en plus isolé et contesté, a opté pour la politique du pire, naviguant entre déni et stratégie de radicalisation permanente, au prix d’une aggravation des effets de la pandémie. Lire la suite

Avec les écoféminismes, se projeter autrement dans l’après-Covid

La crise sanitaire actuelle nous montre les limites du système capitaliste, productiviste et individualiste, basé sur l’exploitation infinie des ressources. Elle exacerbe également les violences du système patriarcal : exploitation du travail invisible des femmes, exclusion des minorisé·e·s de genre, marginalisation des précaires. C’est pourquoi nous trouvons urgent de construire un après-Covid19 nourri des pensées et actions écoféministes.

Nous vivons de façon évidente une crise écologique : l’articulation entre la propagation du virus, la mondialisation et la destruction de notre écosystème a été maintes fois mise en exergue ces derniers temps. Les actions humaines ont modifié le climat et gravement dégradé les écosystèmes naturels, terrestres et marins, rendant la terre inhabitable pour un grand nombre d’espèces. Pendant ce temps-là, le nombre de réfugié·e·s climatiques est sans cesse en augmentation, les pauvres s’appauvrissent, des femmes sont exploitées et violentées, des communautés minoritaires sont prises pour cible. Lire la suite

Un fil renouant avec des passés enfouis. Auto-organisation et émancipation

« Sous le ciel menaçant du dérèglement climatique, le vent de la protestation s’est levé un peu partout dans le monde ». En introduction, Jean-Louis Laville et Michèle Riot-Sarcey abordent, entre autres, des luttes et le soulèvement du voile de l’illusion « sans parvenir à le déchirer », des populations en action « malgré la répression », les experts et les normes, la difficile conception d’« une alternative crédible aux sociétés hiérarchisées » face aux politiques présentées comme « inéluctables », le dénigrement de toutes alternatives, « Tous les projets alternatifs, parce que subversifs, disséminés à travers le monde et qui parsèment également le territoire français, sont méconnus, dénigrés ou dédaignés. On les tient à l’écart de la connaissance et du débat »… Lire la suite

Appel des peuples, organisations, mouvements et réseaux militants d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient/région arabe Pour l’annulation de la dette et l’abandon des accords de « libre-échange »

Pour faire face à la pandémie de Corona et à ses graves conséquences : La nécessité de rompre avec les outils de domination impérialiste sur nos peuples : endettement et accords de « libre- échange »

Les populations d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient/région arabe sont confrontées à une grande épreuve face à cette crise sanitaire mondiale causée par la pandémie du virus Corona. Cette dernière a révélé l’ampleur des dégâts du capitalisme sur l’humanité et la nature. Les classes dominantes tentent de garantir les profits des grandes entreprises et des banques aux dépens des salarié-e-s et des petits producteurs. Ceux-ci se trouvent en première ligne pour assurer la production, risquant leur vie dans les pires conditions d’exploitation. Les impératifs du confinement augmentent leur souffrance en l’absence d’un d’une santé publique détruite par des décennies de politiques néolibérales. Ce sont surtout les femmes qui font les frais de cette situation exceptionnelle, que ce soit sur le lieu de travail ou à la maison. Lire la suite