« Séparatisme » : nous refusons une loi de stigmatisation, de division et une nouvelle attaque des principes de laïcité

Communiqué intersyndical
CGT – FSU – Solidaires – Unef – UNL

Le ministère de l’intérieur, celui de la citoyenneté et l’Elysée ont annoncé préparer une loi sur le « séparatisme » présentée à l’automne pour un vote devant intervenir au début de l’année 2021.

Nos organisations souhaitent ici le dire ensemble et avec force : nous ne laisserons pas ainsi diviser, fracturer la société française et plus particulièrement les classes populaires par une nouvelle campagne islamophobe de stigmatisation des populations musulmanes ou perçues comme telles qui sont systématiquement visées dans les propos des ministres et au plus haut sommet de l’État. Lire la suite

Une saison masquée, les personnes prostituées en grande difficulté

Difficile mais impératif combat pour l’abolition du système prostitutionnel

Bénévoles et salarié·es de l’Amicale du Nid, nous avons fait le constat depuis le confinement, de la plus grande précarité des personnes en situation de prostitution (une écrasante majorité de femmes) qui ont perdu une grande partie de leur revenu, n’ont pu trouver l’aide des parcours de sortie (commissions suspendues, dossiers difficiles à réaliser, non délivrance ou non renouvellement du droit de séjour à des personnes en parcours de sortie) et ont souvent été soumises à plus de violences encore, pressées de rapporter de l’argent aux proxénètes en prenant tous les risques. Dans les associations spécialisées dans le domaine social, il y a, dans cette période, une attention soutenue portée aux plus exposé·es, aux plus vulnérables et une grande mobilisation des acteurs·rices comme dans le système sanitaire soumis à une charge à la limite du supportable tant sur le plan physique que psychique. Lire la suite

Le morceau de papier qui confère une certaine protection

L’ouvrage de Lisa Fittko est précédé d’un beau texte, Le présent du passé, d’Edwy Plenel. Celui-ci explique sa « rencontre » avec l’autrice, les possibles de la marche, « Toute marche est une gamberge », les souvenirs « des exils d’hier et à l’actualité des réfugiés d’aujourd’hui », la chaine pyrénéenne hier et la mer Méditerranéenne aujourd’hui comme lieux des mort·es. Le passé au présent et l’actualité du passé. Lire la suite

Hong Kong en révolte : Une conversation avec Au Loong-Yu

Depuis un an et demi, Hong Kong est dans la tourmente, avec une nouvelle génération de jeunes citoyen.ne.s politiquement actifs/ves qui se mobilisent pour protester contre le resserrement de l’emprise de Pékin sur la ville. 

Dans son livre, « Hong Kong in Revolt : The Protest Movement and the Future of China (Pluto Books 2020), l’éminent intellectuel de gauche natif de Hong Kong, Au Loong-Yu, retrace l’évolution du mouvement de protestation au cours des deux dernières décennies, en la replaçant dans le contexte des tendances politiques plus larges en Chine continentale et au-delà.

Publié après la promulgation [le 30 juin] par les autorités chinoises d’une nouvelle loi draconienne sur la sécurité nationale qui a clairement marqué une nouvelle étape dans la répression, ce livre est l’occasion idéale de réfléchir aux événements des derniers mois, de dissiper certains mythes et, éventuellement, de tirer quelques premières leçons. Lire la suite

Introduction du livre de Laurence Gervais : Le sexe de la ville

Avec l’aimable autorisation des éditions Syllepse

« L’air de la ville rend libre », nous dit un proverbe allemand du 15e siècle. Souvent attribué (à tort) à Hegel ou à Max Weber qui ne font que le citer, ce proverbe semble avoir motivé de nombreux ouvrages et publications sur la ville en géographie culturelle. La ville – celle de Weber, occidentale, même s’il élude totalement la question de la ville comme espace public et lieu démocratique – est censée donner accès à plus de territoire, plus d’autonomie, plus de services, plus de culture, plus d’anonymat et donc plus de liberté… Pourtant force est de constater que tout·e un·e chacun·e n’a pas le même accès à la ville. La notion d’espace public urbain est multidimensionnelle ; c’est la rue, la place, au sens physique (géographique), mais c’est aussi le champ de la négociation politique, le lieu d’expression des frictions sociales, la sphère individuelle et collective de la créativité culturelle et artistique. Or, les relations sociales dans un environnement urbain qui les construit et se construit avec et par elles créent à leur tour des relations de pouvoir et de lutte pour le territoire. Dans La Dimension cachée, Edward T. Hall (1971) explique que l’être humain est en mesure de construire son « biotope » et que cet environnement créé par l’être humain crée à son tour des individus profondément différents. Il y a en effet, d’après Don Mitchell, géographe connu pour son travail sur la théorie culturelle, une lutte culturelle pour le territoire. Selon lui, il n’existe pas de culture, mais uniquement une idée de culture qui n’a de sens que dans le jeu/conflit social (Mitchell, 1995)1. Ces relations de pouvoir à leur tour, qu’elles soient liées à des variables de genre, d’appartenance ethnique ou d’identité de classe, posent la question de l’accès à la ville. La notion de territoire en tant que constitutif d’identité et, partant, territoire contesté, négocié, remis en question, est ce qui mène à poser la question de l’accès à la ville : si celui-ci n’est pas le même pour tous, s’il est disputé, c’est qu’il met en jeu des questions de pouvoirs, des conflits sociaux, qui ont pour enjeu le territoire. Michel Lussault (2009) avance l’idée que la « lutte des places » s’est substituée à la lutte des classes. Les paramètres de classe, appartenance ethnique, genre, sexualité, mais aussi de stratégies de résistance sont centraux dans ces questions. Lire la suite

L’Etuve existentialiste du Tabou. Juliette Greco, le dernier témoin…

Soirée dans l’atmosphère feutrée du Café Laurent, ancien refuge du mythique club de jazz Le Tabou. La contrebasse et le piano soutiennent moderato cantabile des swings roucoulés d’une voix éteinte. De vieux couples américains, affalés sur bas fauteuils, gesticulent romantiquement la cadence des standards familiers. Réminiscence d’une parenthèse historique. L’existentialisme dans la cave enfumée fermente, de jazz se suralimente, de phénoménologie s’argumente, de pataphysique se pimente, de libertinage s’assermente. Boris Vian, ensorceleur de la sulfureuse bacchanale, de son impertinente trompinette attise la flamme. « Dans le train-train de la vie quotidienne, Boris Vian tire le signal de vacarme, et le train-train stoppe en pleine campagne, en plein ailleurs, en plein Paris » (Jacques Prévert). Anne-Marie Cazalis et Juliette Greco de leur pétillante insolence assurent la réclame. Raymond Queneau dans le tintamarre se déclame. Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Maurice Merleau-Ponty, Albert Camus… dans les vapeurs s’apostrophent et s’acclament. Artistes, poètes, philosophes, potaches et mirliflores s’amalgament. Le cauchemar de la guerre dans le rêve éveillé se volatilise. La liberté retrouvée dans la fête sans entraves se réalise. Lire la suite

« Séparatisme », « Amish » : le chemin de l’autoritarisme

En ce mois de septembre 2020, la sémantique gouvernementale française s’affiche guerrière et fascisante. L’État serait la première victime d’une « guerre civile » (entre religions) à l’initiative des « islamistes » et freiné dans son élan par des intrusions idéologiques archaïques, essaimées par les écologistes, les féministes1… L’usage du terme « séparatisme », à la place de communautarisme, et la référence aux Amish pour fustiger les anti-5G sont banalisés pour mieux le signifier. Prise au premier degré, cette terminologie – tout le monde le sait y compris leurs adeptes et la presse – est très connotée et fait référence aux vocabulaires de l’extrême-droite, du colonialisme2 et de l’hypermodernité (néolibéralisme). Lire la suite

Notre liberté au sein et au-delà des frontières européennes. 17 octobre Journée transnationale de lutte des migrant.e.s

Le 17 octobre, alors que des centaines de milliers de migrants et de sans-papiers arriveront à Paris pour manifester depuis toute la France, la Coordination Transnationale des Migrants appellera tous les migrants, réfugiés, demandeurs d’asile, collectifs, groupes et supporteurs, à manifester dans toute l’Europe et au-delà. Lire la suite

Argentine. L’accaparement des terres et l’urbanisation capitaliste. La lutte de classes en milieu urbain

L’une des occupations de terre les plus emblématiques de ces derniers mois est celle de Guernica [dans la périphérie du Grand Buenos Aires] : elle couvre 100 hectares, divisés en 4 quartiers. Il y a 2500 familles et 3000 enfants. Les porte-parole de ces habitants disent aux journalistes qu’ils ne se trouvent pas dans des terres occupées mais dans un quartier. Les faits les confirment: ils ont avancé dans la partition des hectares, creusé des fossés et installé des poteaux d’éclairage. Il y a des espaces prévus pour une école, un jardin d’enfants et une place. L’urbanisation des pauvres, qui manquent de toutes sortes de ressources, montre la capacité créative de ces habitants-travailleurs. Les occupants d’une terre qui était en désuétude il y a des années dénoncent que les forces de police les empêchent de faire entrer dans les matériaux pour construire leurs maisons. Ils vivent en prison dans leur ville, sous la menace d’une expulsion. Lire la suite

Bds : Le jugement historique de la Cour européenne des droits de l’homme est définitif !

Ça y est ! C’est définitif : il n’y a pas eu de recours de la part du gouvernement français auprès de la Chambre d’appel de la Cour Européenne des droits de l’Homme, en ce 18 septembre 2020, qui était la date limite pour un éventuel recours. L’Etat français est bel et bien condamné pour avoir sanctionné l’appel au boycott d’Israel, indique Me Grégory THUAN Dit DIEUDONNE !

C’est curieux comme les médias dominants ont été discrets sur ce scoop historique, dont la portée s’étend à la totalité du continent européen : L’État français a été condamné le 11 juin, par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) à payer 100 000 euros de dommages et intérêts, pour violation du droit à la liberté d’expression, (article 10), à des militants sanctionnés pour avoir appelé au boycott des produits israéliens.  Lire la suite

Le feminicide, acte viril par excellence ?

Interview d’Emilie Beauchesne, par Francine Sporenda

FS : Vous basez votre analyse sur le cas d’un colonel de l’Armée de l’air canadienne et commandant d’une base aérienne (Trenton en Ontario), la plus importante du pays. Ce haut gradé, multi-décoré, David Russell Williams, était aussi un serial killer qui a longtemps échappé à la police, à cause de l’importance de sa position et de son apparente respectabilité. Vous soulignez que Williams avait son « kit de viol » (cordes, ruban adhésif, couteaux). Cela indique planification et stratégie dans la commission des agressions. Pourtant les médias dépeignent généralement ces meurtriers comme agissant sous l’emprise d’une pulsion incontrôlable. Qu’en pensez-vous ? Lire la suite

Les 25 et 26 septembre : partout pour le climat et l’emploi

Les 25 et 26 septembre ont lieu les marches internationales pour le climat. Parce que la fin du monde et la fin du mois sont un même combat, parce que face aux destructions d’emplois et à l’urgence écologique nous refusons d’opposer justice sociale et environnementale, les organisations membres du collectif « Plus jamais ça » appellent à participer et à multiplier les différentes initiatives de mobilisations locales décidées autour des 25 et 26 septembre. Lire la suite

Le nouveau schéma du maintien de l’ordre porte atteinte à la liberté d’informer

Dans son nouveau « Schéma national du maintien de l’ordre », destiné à l’usage des policiers et gendarmes et rendu public le 17 septembre, le ministère de l’Intérieur reconnaît la nécessité d’une « meilleure prise en compte de la présence des journalistes au sein des opérations de maintien de l’ordre, fondée notamment sur une meilleure connaissance mutuelle ». Une avancée ? Malheureusement, au-delà de l’intention affichée, et dans un contexte déjà très dégradé pour les journalistes lors de leur couverture des manifestations, ce texte porte atteinte à la liberté d’informer. Lire la suite

Les vrais séparatistes, ce sont les riches !

Chaque année un peu plus, ils font sécession avec le reste de la société.

La situation sanitaire se dégrade, les plans sociaux se succèdent, les inégalités et la pauvreté augmentent, le dérèglement climatique montre chaque jour ses effets… mais Emmanuel Macron et son gouvernement préfèrent pointer du doigt les « séparatistes » en alimentant les fantasmes islamophobes. Or, qui sont les vrais séparatistes ? Une multitude de travaux documentent comment les plus riches font sécession, à la fois spatialement, fiscalement, économiquement et sur le plan écologique !  Lire la suite

Le carré que tracent ces quatre points : art – philosophie – féminisme – histoire, là où et quand « ça pense »

Pour commencer un livre et un texte de deux autrices présentes dans ce numéro :

Geneviève Fraisse : La suite de l’Histoire. Actrices, créatrices :

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/09/25/le-modele-redevenu-sujet-legalite-et-la-creation/

Deborah De Robertis : #metoo, l’émancipation par le regard :

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/08/24/
metoo-lemancipation-par-le-regard/

Je choisis de n’aborder que certains articles de ce riche numéro de la revue Théâtre public.

« Parler avec Bintou Dembélé, c’est raconter une certaine histoire du hip-hop en France, dont elle a été une des figures majeures ». Simon Hatab aborde, entre autres, les étiquettes et les catégorisations, la danse et la musique, le passage « du sens au sensible », les témoins, l’espace et le mouvement, la chorégraphie et le langage, l’importance d’« investir le champ de la parole pour ne pas laisser aux autres le soin de tordre les mots »… Lire la suite

Nouvel âge et nouvelles figures du racisme. Ce que révèle un été et une rentrée aux senteurs islamophobes et négrophobes

La fin des vacances d’été et la rentrée se caractérisent par une multiplication des propos et actes racistes, tant islamophobes que négrophobes, deux figures du racisme contemporains désormais avérées. La succession de ces expressions du racisme fait courir le risque certain qu’une partie des habitant de l’hexagone « s’habitue au mal », s’acclimate à l’inacceptable et « s’adapte à l’invivable ». Certes des condamnations de ces actes sont prononcées, des déclarations antiracistes sont produites, des communiqués de presse sont publiés. Cependant ces expressions antiracistes restent en réaction à chacune des agressions sans prendre la mesure de ce que révèle la succession des faits racistes et l’accélération de celle-ci. Rappelons quelques-uns de ces passages à l’acte raciste dont la succession indique le passage d’un seuil dans l’enracinement et la banalisation du racisme dans la société française. Analysons ensuite la signification de cette accélération raciste et les raisons possibles d’une riposte bien en dessous des enjeux.

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L’IVG, en France le compte n’y est pas

Nous le dirons dans la rue le 26 septembre.

A Paris : Rassemblement à 15 heures à République.

5000 femmes partent à l’étranger chaque année pour avorter parce qu’elles ont dépassé les délais légaux. En effet, en France, une femme a seulement 12 semaines pour avorter.

Faire respecter notre droit à l’IVG est rendu chaque année plus difficile du fait de la fermeture de nombreux centres d’IVG·(CIVG) : les restructurations hospitalières et la fermeture des maternités de proximité ont un impact direct sur l’accès à l’IVG. Lire la suite

Nous ne reviendrons pas à la normalité, car la normalité, c’était le problème

De l’introduction, une-nouvelle-etape-de-la-crise-economique-et-financiere-secoue-la-planete/, je souligne les effets des politiques néolibérales et néocoloniales, la récession à venir, « Le discours des médias dominants tente de nous induire en erreur en expliquant l’effondrement actuel par la seule action du coronavirus. Cependant, il est évident que cette pandémie met à nu le caractère insoutenable du système capitaliste et révèle les ravages causés par l’application de l’idéologie néolibérale avec le profit pour seule boussole », le poids et les effets de la dette et des emprunts actuels, le soutien in fine aux grandes entreprises privées et à leurs actionnaires par de l’argent public, les revendications portées par des mouvements sociaux dont l’annulation des dettes… Lire la suite

Le naufrage de la stratégie de la voie judiciaire

Tribune de Carles Puigdemont, Toni Comin, Clara Ponsati et Lluis Puig et des prisonniers politiques catalans parue dans La Vanguardia le lundi 17 août 2020 (traduction de Marie et Anne)

Le Tribunal Suprême n’est pas l’autorité judiciaire compétente pour traiter l’action en justice contre nous, leaders indépendantistes, qui avons organisé le référendum d’autodétermination en octobre 2017, action qui a entraîné des peines cumulant à présent cent ans de prison. Ceci n’est pas une opinion, ce n’est plus non plus une hypothèse d’une des parties dans le conflit. C’est la décision de la justice belge, quand elle a pu se prononcer sur le cas du ministre catalan de la culture exilé, Lluis Puig. La juridiction belge, tout comme l’allemande ou écossaise, est une juridiction dans laquelle les intérêts politiques et les stratégies de l’Etat espagnol visant à décapiter, liquider ou criminaliser l’indépendantisme n’ont pas de prise. Lire la suite

Appel collectif : Libérez Omar Radi et tous les détenus politiques au Maroc

Les mouvements de protestation au Maroc suscitent, et ce depuis toujours, des ripostes policières répressives et violentes. La plus marquante de ces dernières années est la répression du mouvement Hirak dans le Rif, un mouvement contestataire qui a agité le Maroc à partir de 2016. Plus de 1 500 arrestations se sont ensuivies, dont plus de 700 condamnations. Parmi ces dernières, 5 personnes ont écopé de vingt ans de prison ferme. Lire la suite