Justice pour Elisabeth Ibrahim Ekaru

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Cette défenseuse kenyane des femmes et des droits humains a été assassinée le lundi 3 janvier 2022 à Isiolo, au Kenya. Son meurtre, qui aurait eu lieu alors qu’elle défendait des droits fonciers, témoigne des risques, des difficultés et des attaques auxquels les femmes défenseurs des droits humains continuent d’être confrontées dans le cadre de leur travail, qui consiste à lutter pour les droits sociaux, environnementaux, économiques, culturels et politiques inscrits dans la Constitution kenyane de 2010.Depuis la Marche mondiale des femmes, nous sommes solidaires des femmes kenyanes et exigeons que justice soit rendue aux responsables !

#Justice4Elizabeth

https://marchemondialedesfemmesfrance.org

« Ce qu’il faut rechercher, ce n’est pas une civilisation du travail et de la production, c’est une société libérée dans ses échanges et dans ses communications… »

Entretien avec Pierre Naville sur l’automation et l’avenir du travail (1977)

Dans cet entretien publié en 1977, Pierre Naville présente sa vision de l’automation et de l’avenir du travail. La lecture de ses propos nous permet, au début de la seconde décennie du 21ème siècle, de remettre en perspective bon nombre de transformations du travail liées à la robotisation, la numérisation du travail ou la mobilisation de l’IA dans le procès de travail. Pierre Naville revient sur les enseignements tirés des enquêtes qu’il a menées ou dirigées au cours des années 1950 et 1960, en particulier celles qui portent un regard novateur et critique sur le développement de systèmes de production semi-automatisés, et dont on peut retrouver les conclusions dans l’ouvrage « Vers l’automatisme social » (1960 [2016]). Sa clairvoyance analytique, son degré de discernement sociologique – il ne faut pas tout confondre – et l’actualité de certaines thèses défendues sont assez uniques en leur genre. Chacun pourra s’en rendre compte d’autant plus facilement que son époque est bien éloignée du temps présent.

Naville nous rappelle l’importance des fondamentaux : la technique n’est pas une malédiction ni une perversion mais progresse en fonction des impératifs de l’extraction de plus-value, de l’accumulation et de leurs rythmes heurtés tout en étant marqué par la division internationale du travail et les rapports stratégico-militaires entre les Etats. Lire la suite

Je ne suis pas libre tant qu’une femme reste prisonnière, même si ses chaines sont différentes des miennes

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Dans une courte préface Rina Nissim présente l’autrice, dont la traduction des œuvres en français est pour le moins déficiente. « Elle s’est ainsi fait connaître pour ses interventions devenues essais, écrits dans une prose poétique – une nouvelle manière d’exprimer sa pensée de femme engagée ». Audre Lorde est une immense écrivaine afro-étasunienne, une féministe traitant de l’ensemble des oppressions. « La nouvelle économie écrase les plus pauvres. Le sexisme et la discrimination basée sur le sexe concernent toujours notre société. Le racisme est toujours vivant. Les cibles changent selon les pays et les circonstances. Noirs, juifs, gitans, arabes… c’est pourtant toujours le même rejet » (Rina Nissim).

La préfacière souligne que « l’intérêt pour l’oeuvre d’Audre Lorde est aussi malheureusement actualisé par le « back-lash », réaction des dominants face aux tentatives de diminuer les inégalités ». Elle explique le N majuscule à Noir·e, « Ainsi, si la correction symbolique à coups de N majuscules à Noir-e-s dans les pages d’Audre Lorde vous choque, demandez-vous un instant pourquoi nous avons accepté tant de siècles d’esclavage et d’inégalités, de noir-e-s en minuscules ? ».

Audre Lorde « Noire, lesbienne, féministe, guerrière, poète et mère » porte un regard aiguisé sur la société et adopte une écriture où ni la poésie ni l’érotisme n’est un luxe. [« J’ai peur, et pourtant je sais que mon silence ne me protégera pas de ma peur », avoue-t-elle, avant d’assener : « Votre silence ne vous protégera pas non plus ! »]. Le scandale n’est donc pas celui de ses mots mais de la non-édition à grande échelle de cette autrice unique et indispensable. Lire la suite

Le danger des fausses accusations d’antisémitisme

Nous ne sommes qu’à une semaine de l’année 2022, et déjà les efforts pour redéfinir l’antisémitisme – ou, plutôt, pour rendre le terme si contradictoire et amorphe qu’il est vidé de toute signification – se poursuivent à un rythme soutenu. Quelques jours à peine avant le premier anniversaire de l’attaque du Capitole, au cours de laquelle une foule antisémite armée, alimentée par une conspiration, a tenté de saboter le décompte des voix du Congrès, un haut fonctionnaire israélien a suggéré que le fait de poster une photo de drapeaux palestiniens lors d’une manifestation, accompagnée d’un slogan ouvert sur la solidarité, équivalait à de la haine anti-juive.

L’insistance publique de l’ancien ambassadeur d’Israël aux Nations unies, Danny Danon, selon laquelle l’actrice britannique Emma Watson est antisémite pour avoir posté cette photo, doit être reconnue pour la farce qu’elle est. Mais c’est aussi l’occasion d’évaluer la signification profonde de la tentative, par de nombreux représentants et partisans d’Israël, de faire coïncider presque entièrement le discours sur l’antisémitisme avec celui sur Israël-Palestine.

La critique de Danon est un exemple particulièrement flagrant de ce qui est le moteur conceptuel de la hasbara, ou propagande d’Etat israélienne, depuis un certain temps : à savoir, l’idée qu’il est au mieux ignorant, et au pire antisémite, de faire référence aux Palestiniens en dehors du contexte du préjudice causé à Israël et aux Juifs, ou de la munificence israélienne des deux côtés de la ligne verte. Lire la suite

La pandémie du coronavirus a renforcé le fossé entre Nord global et Sud global

Face à la pandémie du coronavirus qui a commencé fin 2019-début 2020, la réponse des gouvernements des pays qui font traditionnellement partie des puissances impérialistes (Europe occidentale, Amérique du Nord, Japon, Australie-Nouvelle Zélande) et celle des grandes firmes pharmaceutiques privées ont augmenté le fossé entre Nord global et Sud Global.

Pour les grandes firmes pharmaceutiques, il est plus profitable et plus sûr de fournir en priorité les pays riches car les gouvernements du Nord préfinancent une partie de la production et sont prêts à payer le prix fort. Dès lors les grandes firmes du Big Pharma leur ont donné une priorité absolue. Les chiffres indiquant la distribution géographique des fournitures des vaccins sont éloquents. Pour Moderna, l’Union européenne et les États-Unis représentent 84% de ses ventes totales. 98% des livraisons de Pfizer/BioNTech et 79% des livraisons de Johnson & Johnson ont été allouées aux pays à revenu élevé ou intermédiaire supérieur. Pfizer et BioNTech ont pour l’instant livré au seul État suédois neuf fois plus de doses de vaccin qu’à tous les pays à faible revenu réunis [1]. Lire la suite

Perspective cauchemardesque

Une année de Biden et le retour de Trump au pouvoir paraît de plus en plus probable !

« Chaos », « Insurrection », « Agression de la populace »… un an plus tard, les médias américains et internationaux ainsi que les chancelleries de par le monde continuent d’attribuer maintes appellations aux événements du 5 Janvier 2021, oubliant pourtant systématiquement une, celle qui est d’ailleurs la seule correcte : Coup d’état. Ou plutôt tentative de coup d’état. Alors, pourquoi tout ce bon monde persiste à « oublier » l’évidence quand les événements parlent d’eux-mêmes et un Noam Chomsky n’hésite pas de dire de l’attaque de l’année passée contre le Capitole qu’elle est… « la définition même du coup d’état » ? (1) Lire la suite

Pianos (3)

Piano, deux pianos, piano à quatre mains, œuvres et transcriptions, thèmes et versions.

Essayer de faire partager des émotions ressenties lors des (ré)écoutes. Touches blanches et noires, déambulations dans quelques œuvres et interprétations, en profane…

Une invitation à écouter et partager ces versions ou d’autres que vous ne manquerez pas de signaler… Lire la suite

Yildiz Temürtürkan : « transformer notre vision du féminisme populaire en action »

La Marche Mondiale des Femmes est un mouvement féministe, internationaliste, anticapitaliste et anticolonialiste, organisé à partir de coordinations locales dans 51 pays et territoires. La coordination du mouvement est déjà passée par le Québec, le Brésil et le Mozambique, et se trouve maintenant en Turquie. Yildiz Temürtürkan a été élue à la coordination internationale de la Marche Mondiale des Femmes lors de la 12e Rencontre Internationale, en octobre 2021.

Né à Ankara, Yildiz a une longue histoire de militantisme, qui a commencé sous le régime militaire dans les années 1980. Lorsqu’elle était active dans les luttes pour les droits humains, elle a rencontré la proposition de lancer la Marche Mondiale des Femmes en 1997 et, depuis, elle construit le mouvement en Turquie et à l’international, en tant que membre du Comité International et, à partir de ce mois de janvier, en tant que coordinatrice internationale du mouvement.

Dans l’interview pour Capire, Yildiz a récupéré les accumulations politiques et organisationnelles du féminisme de la Marche Mondiale des Femmes : revendications, principes et formes d’action, « instruments d’action et de théorie féministes en avance sur notre temps ». Questionnant la solidarité déclaratoire, elle a réfléchi sur l’importance de faire face aux hiérarchies coloniales, de renforcer et de pratiquer une solidarité qui contribue à l’organisation enracinée du féminisme populaire internationaliste. Lire la suite

6 février 2022 – Migrer est un droit !

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Journée mondiale de lutte contre le régime de mort aux frontières et pour exiger la vérité, la justice et la réparation pour les victimes de la migration et leurs familles

Nous sommes parents, amis et amies de personnes décédées, portées disparues et/ou victimes de disparitions forcées le long des frontières terrestres ou maritimes, en Europe, en Afrique, en Amérique.

Nous sommes des personnes qui ont survécu à la tentative de traverser les frontières à la recherche d’un avenir meilleur.

Nous sommes des citoyen.e.s solidaires qui aident les immigré.e.s durant leur voyage en fournissant une aide médicale, de la nourriture, des vêtements et un soutien lorsqu’ils se trouvent dans des situations dangereuses pour que leur voyage ait une bonne fin. Lire la suite

Madame Pécresse, non au négationnisme

Madame,

Je viens de prendre connaissance de vos propos tenus le 3 janvier : « En Algérie, il y a eu effectivement des exactions, il y a eu des pages sombres de l’histoire de France qui ont été écrites mais crimes contre l’humanité, c’est ce qu’on reproche aux nazis et à Hitler, et je ne pense pas qu’on puisse parler de crimes contre l’humanité ».

Je dois dire que je suis inquiet qu’une candidate à la Présidence de la République puisse déclarer une telle énormité.

Appelé pendant la Guerre de Libération de l’Algérie, j’ai été affecté de juin 1961 à mars 1962 à la Villa Susini à Alger. Cette Villa a eu le « privilège » d’être un centre de torture qui a fonctionné pendant toute cette période (d’autres centres de torture à Alger n’ont fonctionné que quelques mois ou quelques années). C’est là que Jean-Marie Le Pen s’est « remarquablement » distingué pendant la Bataille d’Alger, faisant disparaître, selon les rumeurs, des corps dans des cuves d’acide. La Légion étrangère avait « abrité » de nombreux SS qui s’y étaient réfugiés pour échapper aux jugements, mais qui ont mis en œuvre leur expérience et formé des tortionnaires français. Lire la suite

Consolider la réalisation, l’affirmation et l’avancée des droits des paysan·nes

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Le 17 décembre 2021, nous fêtons le troisième anniversaire de la reconnaissance internationale des droits humains des paysan·nes et autres personnes vivant en milieu rural. Le 17 décembre 2018, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales. Lire la suite

Bandung, un moment historique de la décolonisation

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Les Editions Syllepse publient un livre important de Richard Wright, Bandung, chronique d’un monde en décolonisation, avec une préface remarquable de Amzat Boukari-Yabara1.

Richard Wright est un écrivain noir américain qui a vécu de 1908 à 1960. Il a été communiste pendant une partie de sa vie et s’est constamment engagé contre le racisme et pour le panafricanisme. En 1955, il lit un encart dans un journal qui annonce la première rencontre à Bandung des premiers chefs d’Etat des pays indépendants d’Afrique et d’Asie. Il décide de s’y rendre ; il est un témoin direct et un des journalistes qui a suivi et rendu compte de cet événement considérable.

Richard Wright comprend que ce n’est pas seulement une rencontre des Chefs d’Etat indépendants mais aussi le premier sommet des peuples de couleur dans lequel seuls les blancs ne sont pas invités. En se rendant à Bandung, il mène une première enquête en interrogeant des indonésiens au hasard de rencontres. Il se rend compte des étroites relations entre plusieurs facteurs : la décolonisation, le racisme, les appartenances et les couleurs, les religions et les croyances. Lire la suite

 La crise du capitalisme des mollahs

Les pourparlers visant à sauver l’accord nucléaire iranien de 2015 sont entrés dans leur huitième round à Vienne [1]. Même si un accord est conclu et que certaines sanctions sont levées, l’état de l’économie iranienne est tel qu’il y a peu d’espoir que le soulagement apporté par un accord réanimé se répercute favorablement sur la population.

En République islamique d’Iran, la politique et l’économie sont inextricablement liées. En effet, l’« élite » post-révolutionnaire du pays tient entre ses mains les rênes du pouvoir tant politique qu’économique. Cette « élite » avait à l’origine l’intention proclamée de remplacer le régime du Shah afin d’aider les membres les plus pauvres de la société (appelés les mostazafin, ou laissés-pour-compte). En réalité, la République islamique est devenue une oligarchie, reproduisant ainsi les antagonismes de classe qui existaient sous la monarchie, mais avec une toute nouvelle configuration. Dire que le trône du monarque a simplement été remplacé par le turban des ayatollahs serait une illustration métaphorique adéquate. Lire la suite

Des papiers pour personne

Il partit à l’aube, sans bruit,

Emportant dans sa gibecière
Quelques arpents gorgés de mil
Et d’une illusion nourricière

Et puis la peur, la grande peur
de celui qui tourne le dos
A ses soleils, à ses senteurs
Pour conquérir l’eldorado,
Lire la suite

Avant-propos d’Eric Toussaint : Le coup d’État permanent de la Banque mondiale

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

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La liste des gouvernements issus de coups d’État militaires et soutenus par la Banque mondiale est impressionnante.

Parmi les exemples les plus connus, citons la dictature du Shah d’Iran après le renversement du Premier ministre Mossadegh en 1953, la dictature militaire au Guatemala mise en place par les États-Unis après le renversement en 1954 du gouvernement progressiste du président démocratiquement élu Jacobo Arbenz, celle des Duvalier en Haïti à partir de 1957, la dictature du général Park Chung-hee en Corée du Sud à partir de 1961, la dictature des généraux brésiliens à partir de 1964, celle de Mobutu au Congo et de Suharto en Indonésie à partir de 1965, celle des militaires en Thaïlande à partir de 1966, celle de Idi Amin Dada en Ouganda et du général Hugo Banzer en Bolivie en 1971, celle de Ferdinand Marcos aux Philippines à partir de 1972, celle d’Augusto Pinochet au Chili, celle des généraux uruguayens et celle de Habyarimana au Rwanda à partir de 1973, la junte militaire argentine à partir de 1976, le régime d’Arap Moi au Kenya à partir de 1978, la dictature au Pakistan à partir de 1978, le coup d’État de Saddam Hussein en 1979 et la dictature militaire turque à partir de 1980, celle de Ben Ali en Tunisie de 1987 à 2011, celle de Moubarak en Égypte de 1981 à 2011 et, au Tchad, celle d’Idris Déby de 1990 jusqu’au jour de sa mort le 20 avril 2021.

Parmi les autres dictatures soutenues par la Banque mondiale, notons encore celle des Somoza au Nicaragua jusqu’à son renversement en 1979 et celle de Ceausescu en Roumanie.

Certaines sont encore en place au moment où ces lignes sont écrites, celle de Sissi en Égypte, et tant d’autres…

Il faut aussi rappeler le soutien aux dictatures en Europe : Franco en Espagne, Salazar au Portugal. Lire la suite

Un silence assourdissant des États membres de l’Union Européenne, face aux atteintes portées par le régime marocain aux droits fondamentaux

Hier comme aujourd’hui, l’Etat du Maroc, pays ami de l’Union Européenne, où l’on espionne les téléphones des journalistes et des défenseurs des droits humains à l’aide du logiciel israélien Pegasus, où les atteintes aux droits fondamentaux, à la liberté d’opinion, à la liberté de la presse se multiplient, où l’on harcèle, salit, instrumentalise et condamne, où le courage et l’engagement se paient au prix de vies brisées, l’Etat de ce pays, le Maroc, jouit d’une totale complaisance.

Au Maroc, les enlèvements, la torture, les arrestations arbitraires, les poursuites judiciaires, les condamnations à de lourdes peines de prison restent ce qui caractérise « l’exception marocaine » tant défendue par les Etats membres de l’Union Européenne. Lire la suite

 Le langage de la prostitution demeure à écrire

Je veux écrire sur le langage, à propos du traumatisme, de la sortie du commerce du sexe et de son abolition.

Je trouve que le langage ne correspond pas à la réalité des personnes qui sont dans la prostitution ou qui en sortent. Il est trop détaché pour parler de nos vérités.

Il ne parle pas de nos traumatismes ou en leur nom, de notre longue histoire de douleur, notre capacité à survivre en faisant le vide dans notre esprit.

Le langage parlé qui s’en tient à relater des faits n’est pas adéquat.

Les mots ne sont qu’une surface. Pour parler de nos vérités, nous devons sortir du cadre des faits. Lire la suite

Où va la gauche française ?

Edwy Plenel a coutume de le souligner : la France est une « démocratie de basse intensité ». Les gouvernements de droite et de gauche renâclent à l’idée qu’il puisse exister des contre-pouvoirs dans la société. C’est un tropisme français, fruit d’une culture républicaine élitiste et hostile au pluralisme. La fable de la « république une et indivisible » et le particularisme français magiquement érigé en universalisme s’imposant à tous, disqualifient les corps intermédiaires et invisibilisent les minorités.

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En 2008, Plenel a co-fondé Mediapart, un média qui pratique un journalisme d’investigation comme il n’en existait pas en France au moment de son lancement. La qualité et le sérieux de ses enquêtes sont aujourd’hui indisputés. Le média en ligne, indépendant de tout intérêt capitaliste, constitue aujourd’hui un véritable contre-pouvoir, qui a fait des émules dans la presse indépendante. Mediapart a renouvelé un paysage médiatique français qui privilégie traditionnellement l’expression d’opinions (dominantes) par rapport à l’exposé de faits d’intérêt public. Lire la suite

Trio : sans piano (18)

Si le trio batterie/contrebasse/piano est souvent considéré comme le trio par excellence, les combinaisons de trois instruments sont aujourd’hui très variées.

Une diversité surprenante, des inventions et des (dés)équilibres toujours renouvelés, des surprises encore et pas seulement par le choix de l’instrument « soliste ». Au hasard de ré-écoutes récentes. Lire la suite

Les chaînes d’approvisionnement « juste à temps », leurs fragilités, le type d’emplois créés et leurs liens avec la crise climatique

Un choc des prix sur les marchés mondiaux du gaz naturel fait tomber, au Royaume-Uni, plusieurs petits fournisseurs d’énergie, laissant les clients sans chauffage et confrontés à la hausse des prix. Un incendie met hors-service l’énorme câble qui achemine l’électricité de la France vers le Royaume-Uni, menaçant les foyers d’obscurité et augmentant les factures d’électricité. Le porte-conteneurs Ever Given [de 200 000 tonnes et 400 mètres de long : propriété de la firme japonaise Shoei Kisen Kaisha, naviguant sous pavillon de Panama, armateur Evergreen Marine Corporation], en provenance de Malaisie et à destination de Felixstowe [le port de conteneurs le plus important du Royaume-Uni], reste bloqué dans le canal de Suez pendant six jours [en fin mars 2021], ce qui entraîne une interruption du trafic maritime pour un coût estimé à 730 millions de livres sterling et retarde l’arrivée du gadget électronique que vous avez commandé sur Amazon Prime.

Ces incidents ont en commun la vitesse à laquelle un seul événement peut perturber les chaînes d’approvisionnement qui sillonnent le monde. Presque chaque fois que vous commandez un article en ligne, celui-ci est transporté par un réseau de firmes, de rails, de routes, de navires, d’entrepôts et de chauffeurs livreurs qui, ensemble, forment le système circulatoire (en flux tendu) de l’économie mondiale. Cette infrastructure étroitement calibrée est conçue pour un mouvement perpétuel. Dès qu’un maillon se brise ou se bloque, l’impact sur les actuelles chaînes d’approvisionnement en flux tendu se fait immédiatement sentir. Lire la suite