La shoah n’est pas un folklore, nos morts et nos souffrances ne sont pas vos cautions

Depuis l’allocution d’Emmanuel Macron le 12 juillet dernier, dans plusieurs villes de France, des dizaines de milliers de manifestant·e·s sont descendu·es dans les rues pour crier leur colère face à l’extension du pass sanitaire, l’obligation vaccinale pour les soignant·e·s ou encore la fin du remboursement des tests PCR, pour « convenance personnelle ».

Ces manifestations ont été le théâtre d’une récupération de rhétorique, de symboles et d’un champ lexical appartenant à la Seconde guerre mondiale, l’Occupation et les camps d’extermination. Nous, membres de la communauté juive, dénonçons de tels discours. Pour s’opposer aux mesures jugées liberticides, une partie des anti-vaxx et des pro-choix (pour le vaccin mais contre l’obligation) ont dénoncé un pass « nazitaire », affublé Emmanuel Macron d’une moustache hitlérienne ou encore porté des étoiles jaunes sur leurs vêtements. Lire la suite

Haïti : l’assassinat du président « est le marqueur de la privatisation de toutes les institutions publiques »

Dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, le président haïtien, Jovenel Moïse, a été assassiné. L’impact médiatique a été redoublé par les ramifications internationales et les circonstances du crime, ainsi que par l’imbroglio institutionnel qui s’ensuit. Une vingtaine de mercenaires colombiens – dont plusieurs paraissent avoir été des informateurs du FBI et de la DEA (Drug Enforcement Administration), des agences de sécurité privée de Floride, le responsable de la garde présidentielle, sous le coup d’une investigation de Washington pour trafic d’armes, et des citoyens à la double nationalité, haïtienne et états-unienne, sont impliqués. Lire la suite

Conditions météorologiques, catastrophes, politiques (non)écologiques

Les conditions météorologiques extrêmes
deviennent de plus en plus normales

Les conséquences des inondations sont dévastatrices : au moins 133 [156 en Allemagne, en date du 18 juillet] personnes ont été tuées, de nombreuses autres sont encore portées disparues, des dizaines de milliers de maisons ont été inondées et l’approvisionnement en électricité a été interrompu. La gravité et l’étendue des inondations qui ont frappé l’Allemagne cette semaine ont choqué même les climatologues. En outre, ils ne s’attendaient pas à ce que les précédents records d’inondation soient battus à cette échelle, sur une zone aussi vaste et aussi rapidement.

Après la vague de chaleur meurtrière aux Etats-Unis et au Canada, où les températures ont dépassé 49,6 degrés il y a quinze jours, les inondations en Europe centrale font craindre que le changement climatique dû à l’activité humaine ne rende les conditions météorologiques extrêmes encore pires que ce qui avait été prévu. Lire la suite

Quand la science permet de penser les réparations coloniales

La base de données du projet de recherche « Repairs » sur les réparations, compensations et indemnités au titre de l’esclavage (Europe-Amériques-Afrique) entre le XIXe et le XXIe siècle vient d’être rendue publique. Sa coordinatrice, Myriam Cottias explique la nécessité de penser la question des réparations liées à l’esclavage et à la période coloniale à travers une démarche scientifique. Quand la recherche sur le passé sert à définir la société d’aujourd’hui. Lire la suite

NON-DESIR DE MATERNITE : les femmes ont-elles le droit de s’autodéterminer ?

Interview de Chloe Chaudet par Francine Sporenda

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Chloé Chaudet est maîtresse de conférences en littérature comparée à l’université Clermont Auvergne. Ses recherches et ses publications portent sur les articulations entre littérature, politique et société à l’échelle internationale. Son livre « J’ai décidé de ne pas être mère » (éditions Iconoclaste 2021) est son premier texte de recherche création.

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Contre l’amère sensation de « perdre sa vie à la gagner »

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Dans son avant propos, Tony Demonte parle de réduction collective du temps de travail (RCTT), d’un outil « pour convaincre de la légitimité de nos combats », de reconquête idéologique, de pensée utopiste, d’énergie et de force de soulèvement. « Comme syndicaliste, je pense que le rappel des notions qui est fait dans cet ouvrage, notamment celles qui fondent l’exploitation, mériterait, au minimum, d’être (re)lu par tout.e.s les permanent.e.s du mouvement syndical et les délégué.e.s responsables d’équipes syndicales »…

Selena Carbonero Fernandez rappelle que la RCTT peut-être « un outil d’émancipation si on sort d’une conception sexuée du temps ainsi libéré ». Elle plaide comme son organisation syndicale pour la « réduction collective du temps de travail (RCTT) avec maintien du salaire et embauches compensatoires ». Aujourd’hui la réduction du temps de travail, outre le chômage imposé, passe par des solutions individuelles qui « sont loin d’être neutre du point de vue du genre ». Quatre-vingt pour cent des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes. Les régimes individuels de baisse du temps de travail pénalisent les femmes et renforcent la division sexuelle du travail…

Seule une réduction collective et massive du temps de travail peut ouvrir une remise en cause de l’ensemble des rapports de domination, permettre de dégager du temps pour gérer les entreprises et les affaires de la cité (autogestion), prendre en charge de manière égalitaire le travail domestique et libérer du temps pour soi… Lire la suite

Du coté du jazz (juillet 2021 -B)

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Michel Husson

Jean-Marie Harribey : Michel Husson :
derrière l’économiste, l’homme

Michel Husson nous a quittés. La nouvelle nous laisse sans voix. Faut-il rendre d’abord hommage à l’économiste hors pair qu’il était ou bien à l’homme pétri de gentillesse et d’humour ravageur, doté d’un sens pédagogue peu commun pour décortiquer les études les plus techniques ?

Michel Husson fait partie d’une génération d’économistes-statisticiens, formés à la rigueur scientifique tout en possédant une culture d’économie politique critique fondée à la meilleure source : Marx. Il compte parmi les quelques rares analystes ayant consacré leur travail à analyser l’évolution du capitalisme contemporain mondialisé et financiarisé en utilisant les concepts de suraccumulation du capital et de taux de profit dont l’évolution rythme les transformations du capitalisme. Des transformations dont les conséquences sur le travail, la répartition des revenus, la protection sociale ont été au centre de ses préoccupations pendant toute la période néolibérale. Michel Husson fut entre autres l’un les plus ardents défenseurs de la réduction du temps de travail et ses travaux récents montraient encore l’enjeu qu’elle représentait même au temps de la crise sanitaire. Et le moindre de ses mérites n’est pas de s’être dégagé d’une culture productiviste, trop longtemps véhiculé par les mouvements progressistes, pour prendre en compte la crise écologique et associer sa résolution à celle de la crise sociale. Lire la suite

Almanach d’un comté des sables

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Un livre célèbre, souvent célébré et cité dans les textes écologiques et écrits de « nature writings » nord américains. L’Almanach est publié en 1948 aux Etats-Unis, l’examen auquel il conduit, les prémonitions qu’il induit demeurent – plus que jamais – d’actualité.

Il bénéficie d’une notoriété approchant celle du « Printemps silencieux » de Rachel Carson. La quatre de couv’ considère l’ouvrage de l’importance de « Walden » de Henri David Thoreau.

Dans l’hexagone, il amplifie une sensibilité « rousseauiste », que l’on peut effleurer dans « La Nouvelle Héloïse », et « Les rêveries du promeneur solitaire »

Eloges faites et méritées, il me faut confesser que j’ai lu ce livre il y a quelques semaines seulement et sur les conseils d’une bibliothécaire officiant (fort bien) dans ma commune… Lire la suite

Accès aux archives publiques : lettre ouverte aux parlementaires (plus : Nuit noire sur les archives)

L’arrêt du Conseil d’État du 2 juillet 2021 a déclaré illégale et annulé la procédure de déclassification des archives « secret-défense » de plus de cinquante ans.

Ces archives redeviennent donc communicables de plein droit, permettant aux historiens de reprendre leur indispensable travail sur la seconde guerre mondiale, la IVème république ou la guerre d’Algérie.

Après cette décision, il n’est pas possible de poursuivre l’examen de l’article 19 du projet de loi relatif à la prévention d’actes de terrorisme et au renseignement comme si de rien n’était.

La décision du Conseil d’État donne, en effet, une tout autre perspective à cet article. Nul ne peut plus nier qu’il a pour seul et unique objet d’allonger les délais actuels de communication des archives publiques et qu’il n’est pas la mise en œuvre d’une politique d’ouverture pourtant revendiquée. Lire la suite

Edgar Morin le philosophe de la complexité

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Ce panorama bio-bibliographique de Martine Boudet porte sur les lignes de force qui traversent tant la vie que l’oeuvre d’Edgar Morin. Comme lui-même l’a écrit et dit, ce n’est pas une carrière qu’il a menée mais une existence qu’il a conduite, ses publications étant souvent la résultante d’expériences personnelles ou de confrontations avec l’époque et la société. 

E. Morin est né en 1921 et est d’origine juive sépharade. Sa famille a émigré de la ville grecque de Thessalonique pour s’installer à Paris, dans le quartier populaire de Ménilmontant. Son nom d’origine est Nahoum, il a consacré à sa famille un très beau livre Vidal et les siens, écrit en 1989. Si sa patrie est la France, sa matrie est la méditerranée ; il se définit comme un judéo-gentil, c’est-à-dire descendant des Juifs modernes qui ont été formés par la culture humaniste européenne, celle du monde des Gentils ou non Hébreux (le terme hébreu étant « goy »). Il se décrit aussi comme un « post-marrane » à l’instar de ces descendants des juifs d’Espagne « conversos » qui ont été forcés de se convertir au christianisme à la fin du 15e siècle, comme Montaigne, Cervantés ou Spinoza et dont beaucoup avaient émigré à Thessalonique. L’expérience des drames de la marginalisation vécus par la diaspora au cours de son histoire est à la base de son refus de la violence et des discours polémiques. Comme Montaigne dont il se sent proche, il revendique une citoyenneté tolérante et élargie aux dimensions du monde connu : « Un honnête homme est un homme mêlé ».  Lire la suite

La conversion numérique de violences conjugales masculines contre les femmes

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Edito

Le numérique et ses usages sont au cœur d’un mouvement de transformation profonde de la société. Il offre un formidable espace et outil d’émancipation pour les femmes comme pour les hommes : il sert de support à de nouveaux modes de mobilisation et d’expression et il est source d’une extraordinaire créativité. Il constitue aussi un espace de travail, et un puissant outil pour défendre les droits des femmes et dénoncer les violences sexistes – comme on l’a vu avec l’ampleur du mouvement #MeToo.

Cependant, une enquête coordonnée par le Centre Hubertine en 2015 auprès des élèves de collège et de lycée montrait que les espaces et outils numériques viennent aussi renforcer les violences sexistes et sexuelles : on parle de cybersexisme. Les agresseurs trouvent avec le numérique des moyens simples et facilement accessibles pour humilier, harceler et tenter de contrôler les filles. D’après un rapport des Nations Unies, ces violences concernent 73% des femmes tout au long de leur vie et dans tous leurs espaces de vie.

On le sait, les violences à l’encontre des femmes sont majoritairement vécues dans l’espace privé. Alors que nous disposons désormais de données précises concernant les violences conjugales en France, aucune étude n’est encore disponible pour comprendre l’impact du numérique sur les violences conjugales. Pourtant, pouvoir identifier et comprendre les cyberviolences permet de mieux évaluer le danger et de mieux protéger les femmes.

Ce rapport est une contribution à l’amélioration de la connaissance sur les violences conjugales, à l’ère du numérique. Il est le fruit d’un travail collaboratif avec nos associations membres, mais aussi plusieurs professionnel-le-s qui accompagnent des femmes vic- times de violences conjugales. Il permet de mettre en lumière les nouveaux défis que l’appropriation du numérique par les agresseurs pose à la protection des victimes de violences conjugales. Lire la suite

Politique sanitaire, vaccins, pass sanitaire… (quelques textes)

 

Pourquoi je me suis fait vacciner contre la Covid-19
par Marc Zaffran/Martin Winckler

En des temps où les inquiétudes vis-à-vis des vaccins (et pas seulement) vont bon train, et où les gouvernements ont parfois (suivez mon regard) des discours au moins incohérents, au pire totalitaires, je me permets de dire ici pourquoi, en tant que citoyen, je me fais vacciner – et en particulier, tout récemment, contre la Covid-19. 

Important (1) : si vous faites partie des personnes qui contestent la réalité de la pandémie de Covid-19, je ne discuterai pas votre opinion et cet article n’est pas fait pour vous.

Important (2) : Je vis à Montréal (Québec) et j’ai bénéficié de l’organisation communautaire de santé. Je suis allé me faire vacciner dans un centre municipal près de chez moi, à la date indiquée par le site ClicSanté quand je me suis inscrit. 

Lire ici la description de mon parcours de vaccination 

Ensuite, une précision : je suis médecin de formation et, même si je n’exerce plus depuis fin 2008, je continue à baigner dans les informations médicales et sanitaires. Mes choix sont issus à la fois de ma formation, de mes lectures et de mon expérience, qui est celle d’un citoyen, d’un soignant, mais aussi d’un parent. 

Ensuite, une déclaration de conflits d’intérêts : je n’en ai aucun dans le domaine considéré. (J’en ai sûrement dans d’autres domaines…) 

Je ne suis pas rémunéré/financé/sponsorisé par un fabriquant de vaccins et j’ai la réputation (depuis mon passage sur France Inter, en 2002-2003) d’être critique avec les industriels du médicament. Cette attitude critique remontait à ma collaboration à la Revue Prescrire, entre 1983 et 1989, elle ne date donc pas d’hier. On pourra d’ailleurs lire sur cette page ce que cette revue, très pointilleuse, pense de différents vaccins. 

Se faire vacciner ou non 

Se faire vacciner ou faire vacciner ses enfants quand on est parents est une décision importante, qui soulève toutes les questions de l’autonomie en santé. Il s’agit d’une part d’opter ou non pour une méthode à visée préventive (on peut rejeter la méthode dans son ensemble) et, d’autre part, d’opter pour un ou plusieurs vaccins. 

Cette décision devrait presque toujours faire l’objet d’une information, d’un échange de point de vue, de la prise en compte des craintes des personnes concernées par les professionnelles, et (à mon avis) ne jamais se solder par une décision autoritaire desdits professionnelles, ni être commentée par des jugements de valeur. Le soin est incompatible avec les rapports de force et avec le mépris. 

Je suis une personne comme les autres, avant d’être médecin je n’étais pas médecin, et mes décisions personnelles sont fondées sur ce que j’ai observé ou vécu au cours de ces différentes périodes : mon enfance/adolescence, mes études, mon exercice médical (1983-2008), et les quinze années écoulées. 

Ce que j’ai vécu dans mon enfance n’est pas neutre : mon père était médecin. Il avait grandi à une époque où les vaccins n’existaient pas, et il nous a vaccinés, mes frère et soeur et moi-même, mais aussi ma mère et tous les membres de la famille qui le demandaient, sans aucune hésitation. Je ne l’ai jamais entendu contraindre personne à se faire vacciner. Dans son esprit, la vaccination était un bienfait pour l’humanité et quand on s’intéresse à l’histoire des maladies (en commençant par la variolisation, pratiquée depuis le 18e siècle, bien avant qu’on sache ce qu’était un virus) il est difficile de prétendre le contraire. (Encore une fois, je parle ici de la méthode, ce qui ne veut pas dire que je mets tous les vaccins dans le même panier, j’y reviens plus loin). 

Avant qu’un vaccin existe, j’ai souffert de la rougeole et de la coqueluche. Grâce à la vaccination, j’ai échappé à la polio, à la diphtérie et au tétanos. (Enfin, jusqu’ici. Je pense qu’il faudrait que j’aille me faire faire un rappel…) 

Quelques souvenirs : 

Je me souviens d’un de mes camarades de classe qui avait avait contracté la poliomyélite à une époque où tout le monde n’avait pas été encore vacciné en France (probablement entre 1955 et 1965). L’un de ses bras était paralysé, et sa main toujours bloquée dans la poche de sa blouse ou de sa veste, pour que son bras ne ballotte pas. 

Je me souviens aussi d’avoir reçu, quand j’étais étudiant hospitalier/externe en pédiatrie au centre hospitalier du Mans, un garçon de huit ans qui faisait une encéphalite rougeoleuse, c’est à dire une infection grave du système nerveux provoquée par le virus de la rougeole. Il a gardé des séquelles graves : paralysies, épilepsie, handicap psychomoteur profond. Sa famille ne l’avait jamais vacciné. 

Je me souviens d’avoir vu plusieurs personnes mourir de tétanos en réanimation, après un avortement clandestin ou après s’être écorchées à une épine de rose dans leur jardin. 

Je me souviens avoir soigné une fratrie de trois enfants de moins de dix ans d’une coqueluche carabinée (les parents étaient opposés au fait de les faire vacciner). Les trois enfants ont beaucoup dérouillé (c’est une saloperie, la coqueluche) mais les parents aussi. Je n’ai pas porté de jugement de valeur, j’ai soigné les enfants, un point c’est tout. Quelques semaines après, la mère est revenue me voir pour discuter des vaccins à leur faire, l’un après l’autre. Et on en a parlé posément. Et elle a pris sa décision posément. 

D’un autre côté, en tant que médecin qui vaccinait couramment adultes et enfants, j’ai pu observer des effets indésirables de la vaccination : douleur et rougeur au point d’injection (très fréquent), fièvre et courbatures (également) et parfois fièvre très élevée (en particulier chez deux de mes propres enfants). 

Je n’ai pas, au cours de ma carrière, eu à constater d’effets secondaires graves d’un vaccin. Ca ne veut pas dire qu’ils n’existent pas, mais qu’ils sont suffisamment rares pour que je n’en ai pas vus (alors que, je le répète, des effets bénins, j’en ai vu souvent). 

Chaque vaccin mérite réflexion 

En tant que médecin, j’ai été interrogé par de nombreuses personnes sur la sécurité, l’efficacité et la légitimité des vaccins. Et je leur ai toujours répondu ceci : chaque vaccin concerne une maladie particulière. En principe, vous êtes en droit de peser le pour et le contre de l’intérêt de chaque vaccin face à la probabilité de contracter la maladie concernée. 

C’est assez simple à concevoir : quand on ne vit ou ne voyage pas dans un pays où la fièvre jaune est endémique, il n’est pas légitime de se faire vacciner contre elle. 

Quand, à l’opposé, une maladie existe partout, et si cette maladie n’a pas de traitement curatif il est légitime de s’en protéger (diphtérie, tétanos, polio). 

A noter que lorsqu’une maladie a été éradiquée du globe (c’est le cas de la variole au milieu des années soixante-dix, ce sera bientôt nous l’espérons tous le cas de la polio), il devient moins bénéfique de vacciner que de ne pas le faire : les effets indésirables deviennent inévitablement plus nombreux que les cas de maladie et, bien entendu, les effets graves du vaccin sont alors plus nombreux que ceux de l’infection. Et, de fait, la vaccination contre la variole a été supprimée sur toute la planète. Celle contre la polio pourrait bien l’être d’ici quelques années. 

Est-il, pour autant, obligatoire de se faire administrer (ou de faire administrer à ses enfants) tous les vaccins qui existent ? 

Il me semble, raisonnablement, que non. Si j’étais encore médecin de famille aujourd’hui, je défendrais la liberté, pour les parents, de peser le pour et le contre de chaque vaccin, en leur donnant les informations nécessaires, sans leur imposer quoi que ce soit. On peut à la rigueur imposer la vaccination contre une maladie transmissible (quand je me vaccine, je protège aussi les autres et je me protège des personnes qui pourraient me contaminer) mais on ne devrait pas imposer la vaccination contre une maladie qui n’est pas transmissible (provoquée par une bactérie non transmissible à l’entourage, par exemple, comme le pneumocoque). 

La France est notoirement autoritaire en ce domaine, alors que rien ne prouve que ce soit nécessaire : en Grande-Bretagne, aucune vaccination n’est obligatoire, on informe la population, et la couverture vaccinale (la proportion de personnes vaccinées) est similaire à celle de la population française. 

Comme l’a été la vaccination contre l’hépatite B, maladie grave qui peut tuer à court terme ou à long terme en provoquant l’apparition de cancers, la mise au point d’un vaccin anti-VIH (qui protègerait de l’infection provoquant le SIDA) serait certainement bien accueillie par une grande partie de la population mondiale, en particulier dans les pays émergents, où les deux maladies sont très répandues et s’aggravent mutuellement. 

Est-ce que tous les habitants des pays industrialisés se vaccineraient contre le VIH si c’était possible ? Probablement pas, car beaucoup ne se sentent pas menacés par cette maladie uniquement liée à l’activité sexuelle. Et aussi parce qu’aujourd’hui, on peut vivre en étant VIH-positif, grâce à la trithérapie antivirale mise au point ces dix dernières années. La possibilité de traiter une maladie (même sans la guérir) modifie l’intérêt/l’urgence/l’importance d’un vaccin. 

Mais il y a fort à parier que le fabriquant d’un tel vaccin inciterait certainement les parents à vacciner leurs enfants… (J’ai écrit ici ce que je pense de la vaccination contre le HPV, en particulier.) 

Les vaccins sont-ils un marché ? 

Oui. Comme tous les médicaments. On en a eu une illustration éclatante en 2009 lors de la pandémie de grippe A/H1N1, qui était présentée comme « la » pandémie du siècle (et ça fait bien rire aujourd’hui). On en a une autre démonstration en ce moment : une demi-douzaine de vaccins contre la Covid-19 sont en développement, quatre ou cinq sont déjà approuvés ou en voie de l’être. Il y a un marché mondial, littéralement, à prendre. 

Est-ce qu’une vaccination contre la Covid-19 est légitime ? 

Sans avoir besoin de citer des chiffres, il me semble que ça n’est pas discutable. Sauf, évidemment, si l’on conteste l’existence de la pandémie. 

Est-ce qu’une vaccination de TOUTE la population est légitime ? 

Dans la mesure où l’on n’a pas démontré qu’une partie de la population mondiale est déjà immunisée contre la Covid (et ne risque donc ni d’en souffrir, ni de contaminer les personnes non immunisées) il me semble que la réponse est oui. 

Si l’on fait partie d’une population à risque élevé, le vaccin nous protège. 

Si l’on fait partie d’une population à risque faible, le vaccin sert à nous protéger ET à protéger les plus vulnérables. C’est une démarche solidaire – comme pour la variole et la polio, par exemple ; et peut-être aussi dans une certaine mesure pour l’Hépatite B et, si le vaccin existait, le VIH.

Est-ce que tous les vaccins contre la Covid-19 se valent ? 

C’est difficile à dire, et la réponse est probablement non, mais en toute bonne logique ça n’a pas d’importance : d’abord parce que leur efficacité est suffisante pour prévenir la maladie, même si (et ça n’est jamais) une efficacité à 100%. Ensuite parce que, plus le nombre de personnes vaccinées sera grand, quel que soit le vaccin utilisé, moins la maladie circulera. Rappelons ainsi qu’un vaccin, même très efficace, ne l’est pas de la même manière pour toutes les personnes vaccinées. L’immunité contractée lors d’une maladie (la grippe, par exemple) est elle aussi variable d’une personne à une autre. Il n’est donc pas illogique de penser que si tous les vaccins contre la Covid-19 (qu’ils soient efficaces à 75 ou 95%) sont diffusés sur l’ensemble de la planète, la protection obtenue sera meilleure (et plus rapide) que si on essaie de vacciner toute la planète avec le vaccin « le plus efficace » (qu’on ne va probablement jamais identifier précisément…) 

Ce ne sera pas la première fois qu’on utilise plusieurs vaccins différents pour combattre une maladie planétaire : c’était déjà le cas de la polio. Et pour chaque maladie infantile, par exemple, il existe de nombreux vaccins selon le pays/le marché où il est diffusé… 

Est-ce que les risques de la vaccination l’emportent sur celui de contracter la Covid-19 ? 

En l’état actuel des choses, il me semble que non (je dispose des mêmes informations que tout le monde). J’ai 66 ans, je m’approche donc de l’âge où c’est problématique (même si je n’ai pas de maladie chronique qui me rende particulièrement vulnérable) mais même si je n’en avais que 50 (ou 45) je me ferais vacciner, pour protéger les personnes âgées de mon entourage, et les patientes à qui j’aurais affaire en tant que soignante. 

Quand toutes les personnes vulnérables seront vaccinées, est-ce que les personnes qui ne se feront pas vacciner s(er)ont des inconscientes ou des criminelles ? 

Non, parce que ne pas se vacciner n’empêchera personne de le faire et parce que le risque qu’elles prendront ne concernera qu’elles. (Comme pour les personnes qui ne se vaccinent pas contre la grippe et qui ne sont pas au contact de personnes vulnérables, ou sont au contact de personnes vulnérables vaccinées.) 

En attendant, je suis d’avis que la solidarité de chacune vis-à-vis des personnes non vaccinées qui nous entourent nous impose de porter un masque, de se laver les mains, de garder ses distances et d’éviter les réunions en lieu clos. C’est ce que je fais, c’est ce que fait mon entourage. Et nous n’avons pas le sentiment que ça entrave notre liberté. (Il faut préciser aussi que je vis dans un pays où la liberté n’est pas décrétée par l’Etat…) 

Est-ce que les discours gouvernementaux sur les vaccins sont fiables ? 

Là encore, je ne pense pas que ce soit important. Il y a suffisamment de sources d’informations scientifiques (revues médicales indépendantes, organismes internationaux comme l’OMS, ONG) pour se faire une idée raisonnable. Les gouvernements eux-mêmes n’ont d’importance pour votre décision que dans la mesure où ils contrôlent l’accès au vaccin (ce qui n’est pas rien). Mais pas pour votre réflexion en elle-même. 

Voilà, je vous ai dit pourquoi, à titre personnel, je me suis fait vacciner contre la Covid-19. J’espère que ces réflexions vous aideront à prendre une décision sereine. 

Quelle que soit cette décision, bon vent à vous. 

Martin Winckler/Marc Zaffran 

Publié sur :

L’école des soignant.e.s

Un blog participatif et coopératif rédigé pour et par des citoyen.ne.s, des patient.e.s, des soignant.e.s.

https://ecoledessoignants.blogspot.com/2021/03/pourquoi-je-me-suis-fait-vacciner.html

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Face au covid-19 tout le monde mérite protection

Pas de profit sur la pandémie

La COVID-19 se propage comme un feu de forêt. Les solutions doivent se propager plus rapidement encore. Personne n’est en sécurité tant que tout le monde n’a pas accès à des traitements et des vaccins sûrs et efficaces.

Nous avons tous droit à la protection.

Signez cette initiative citoyenne européenne afin que la Commission européenne prenne des mesures pour faire des vaccins et des traitements anti-pandémiques un bien public mondial, librement accessible à tous.

Pour signer : https://eci.ec.europa.eu/015/public

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Sur la vaccination…

Quelques remarques sur le débat en cours.

1. Le problème de la vaccination ne peut pas être traité comme un simple problème de liberté individuelle, tout simplement parce que ne pas être vacciné a des conséquences sur les autres. Toute liberté est toujours encadrée et relative au bien commun. La vaccination obligatoire existe déjà, et depuis longtemps, pour un certain nombre de vaccins. De plus, quand on va dans un certain nombre de pays, il est obligatoire de se faire vacciner contre telle ou telle maladie. Dans son principe, la vaccination obligatoire ne pose pas de problème particulier. Elle relève des politiques de santé publique qui, par définition, sont contraignantes.

2. La cohérence voudrait donc que la vaccination contre la covid soit obligatoire pour tout le monde au vu des conséquences sociales que cette maladie entraine. Or cette obligation ne s’applique que pour les soignants (et je crois les pompiers). Ni les flics, ni les militaires ne sont concernés. Le fait de ne cibler que les soignants est un scandale qu’il faut dénoncer, mais pas au nom de la liberté individuelle, mais au nom du fait que, face à la gravité de la situation, il faut vacciner tout le monde.

3. Il vaut toujours mieux convaincre que d’obliger. Mais une fois cela dit, comment on fait ? Ce qui est sûr, c’est qu’il faut lutter contre les inégalités sociales en matière de vaccination. Le fait par exemple que le 93 ait un taux de vaccination dérisoire par rapport au quartiers huppés de Paris n’est pas dû au fait que les habitants du 93 soient rétifs à la vaccination mais au fait que les conditions concrètes de celle-ci sont très difficiles dans ce département. Ce qui pose problème dans ce que dit Macron c’est qu’il reporte tout sur une responsabilité individuelle. Les antivax s’appuient sur la liberté individuelle, lui sur la responsabilité individuelle. Or, comme toutes les politiques publiques, la vaccination dépend des moyens que l’on met pour que ça marche. Un député LFI (Corbière je crois) a dit qu’il fallait amener la vaccination au pied des immeubles. Il a raison.

4. La cohérence voudrait aussi que la vaccination soit généralisée à l’échelle internationale car, au-delà même des questions humanitaires quand même essentielles quand on est à Attac, si ce n’est pas le cas on aura, comme pour le variant delta, de nouveaux variants qui nous reviendront comme un boomerang sans que l’on soit sûr que la vaccination déjà effectuée soit efficace. La bataille pour la levée des brevets devrait être une priorité politique.

5. Aujourd’hui des centaines de millions de personnes sont vaccinées contre la covid et les cas de réactions négatives graves sont infinitésimales. Tout médicament peut entrainer des réactions nocives. Il n’y a qu’à lire les notices dans les boites de médicaments… Le fait de dire que l’on a pas de recul sur les vaccins est un faux argument. Les vieux vaccins ne l’ont pas toujours été et il a bien fallu à un moment donné commencer à vacciner les gens alors même que l’on ne connaissait pas les conséquences à long terme. La question aujourd’hui est de savoir si on considère que le fait que les agences de sécurité du médicament aient donné leur agrément à ces vaccins est malgré tout une garantie qui permet de les utiliser. Si on pense que toutes sont pourries et vendues à l’industrie pharmaceutique, alors évidemment… Mais ce qui vaut pour les vaccins vaut aussi pour tout nouveau médicament. Plus généralement aucune société ne peut fonctionner sans un minimum de confiance. Je sais que, en général, les entreprises veulent faire le maximum de profit, mais a priori je pense quand même qu’elles ne vont pas m’empoisonner pour cela, sinon la vie de tous les jours devient impossible. Alors certes, il y a des salauds qui le font, par exemple Servier, mais si on pense que tout le monde est un Servier en puissance comment peut-on vivre ?

6. Il y a donc un problème profond qui renvoie à la défiance envers les scientifiques, défiance qui est souvent justifiée : liens financiers avec les laboratoires, jeux de pouvoir internes au corps médical ou autre, scandales récurrents et instrumentalisation par l’industrie… Tout ça a miné la confiance envers les scientifiques et nourri le complotisme. Il ne suffit donc pas de se référer à la Science pour convaincre. D’où la nécessité absolue du débat démocratique, de la transparence et de la confrontation des opinions. Or la façon de gouverner de Macron, qui pousse à l’extrême les caractéristiques de la Ve République, vont à l’encontre de ces exigences : décisions autoritaires prises par un seul individu dans un cadre de délibération obscur, le conseil de défense. Les conditions de mise en place du pass sanitaire – en pleine vacances, dans des délais très rapprochés impossibles à tenir – en portent la marque.

7. Le succès des manifs antivax, pilotées plus ou moins par une certaine extrême droite (Philippot, Dupont-Aignan), montrent la nécessité d’un positionnement qui se démarque de Macron mais qui ne laisse aucune ambiguïté sur la question de la vaccination. On ne gagnera rien à courir après les complotistes et l’extrême droite.

Pierre Khalfa 

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Covid-19 (France) : Refusons le projet de loi sanitaire

et les régressions sociales

Un collectif de responsables associatifs, d’élus et de personnalités s’opposent à la nouvelle loi étendant le pass sanitaire, discutée ces jours-ci à l’Assemblée. Ils appellent à une mobilisation sur le long terme contre une politique sanitaire autoritaire.

Le pass sanitaire marquera la vie de millions de Français·es, puisqu’en très peu de temps, et encore plus dès lors que le test PCR ne sera plus gratuit, toute vie sociale et professionnelle sera contrainte par le fait d’être vacciné. Pourtant, cette décision a été prise de façon autoritaire, non démocratique, dans un cadre de délibérations obscures, celui d’un seul homme : le président de la République qui n’aura réuni que le seul Conseil de défense. Elle passe outre toute discussion réelle au Parlement qui est, une fois encore, considérée comme une chambre d’enregistrement. La démocratie ne saurait être sacrifiée, et elle est pour nous plus que jamais la clé pour sortir de cette crise.

Pourtant, il y a moins d’un mois, Emmanuel Macron, le ministre de la santé, les député.es de la majorité, à l’image de la présidente de la commission des lois qui avait même déposé un amendement pour en figer l’impossibilité d’avoir une obligation publique dans la loi, tou.te.s se disaient opposées à la généralisation du pass sanitaire au nom des libertés et individuelles tout comme à une vaccinale. Alors que tout indique que nous avons pour au moins des mois à vivre avec le virus, on ne peut rentrer dans la société du contrôle généralisé que le gouvernement veut imposer ainsi à la population.

Une vaccination large et massive est nécessaire pour combattre cette pandémie, à commencer par la couverture des plus fragiles. Nous nous démarquons de toutes celles et ceux qui font de leur opposition frontale au vaccin un déversoir sectaire et complotiste et nous dénonçons fermement toute assimilation de la stratégie vaccinale à la Shoah ou à l’apartheid.

Le pass sanitaire est antisocial

Nous dénonçons la méthode employée par le gouvernement, génératrice de fortes tensions, ce qui est délétère en pleine crise épidémique. Les premiers leviers activés devraient être un grand débat démocratique, une information d’ampleur, des droits d’utilisation sur le temps de travail pour se faire vacciner, une prévention notamment par la gratuité des masques, une couverture bien plus importante des centres de vaccination et des moyens associés plus conséquents… La corrélation entre la vaccination et les revenus fait dire qu’en l’état actuel le pass sanitaire est antisocial. Ce sont des milliers de milliers de travailleurs·se·s qui se trouvent contraint·es et menacé·es de sanctions graves.

Depuis le début de la pandémie, les moyens financiers et humains réclamés par les syndicats et associations de soignants, pour remettre debout les hôpitaux publics et soigner correctement, n’ont pas été octroyés. Il en est de même pour les Ehpad. Pire, dans certains endroits nous constatons même que la casse de l’hôpital public continue (fermeture de lits, suppressions de poste…).

Et pendant ce temps, la France s’oppose toujours, avec l’Union européenne, à la levée des brevets au sein de l’Organisation mondiale du commerce, alors que c’est la seule façon pour que, dans les pays pauvres et émergents, les vaccins puissent être fabriqués et distribués massivement. C’est à la fois une question de solidarité internationale, de santé publique et d’efficacité. Car tant que la pandémie ne sera pas résolue à l’échelle mondiale, elle ne le sera nulle part.

Enfin, pendant que ces décisions heurtent et divisent la population, de graves attaques contre les droits sociaux sont annoncées. Autoritarisme et casse sociale vont de pair. La réforme régressive de l’assurance-chômage serait entérinée dès le 1er octobre, diminuant fortement les durées et les montants des allocations des chômeurs. Et Emmanuel Macron a confirmé sa volonté de reporter l’âge légal de départ en retraite et la fin de tous les régimes spéciaux. Alors que le patrimoine cumulé des 500 plus grandes fortunes de France a augmenté de 30% en 2020, le gouvernement ne revient aucunement sur toutes les largesses qu’il leur a accordées depuis le début du quinquennat et veut faire payer la crise aux chômeurs et aux retraités. A l’inverse, nous demandons que soient mis à contribution, bien davantage qu’aujourd’hui, les multinationales et les très riches, au profit de la solidarité nationale. Nous exigeons une politique sociale ambitieuse, passant par des services publics de qualité et des droits sociaux plus importants.

Pour cette raison, au nom de l’efficacité sur le long terme contre l’épidémie et pour préserver nos libertés, nous nous opposons à la nouvelle loi proposée à l’assemblée, tout comme aux mesures antisociales qui visent à faire payer la note de la crise sociale au monde du travail. A cette fin, nous aspirons à des mobilisations dans les semaines et mois qui viennent.

Premiers signataires

Responsables d’organisations : Aurélie Trouvé et Raphaël Pradeau (porte-parole d’Attac), Céline Verzeletti (secrétaire confédérale de la CGT), Simon Duteil et Murielle Guilbert (délégué·es généraux de l’Union syndicale Solidaires), Thomas Portes (porte-parole de Génération·s), Mélanie Luce (présidente de l’UNEF), Khaled Gaiji (président des Amis de la Terre France), Pierre Khalfa et Willy Pelletier (Fondation Copernic), Emmanuel Vire (secrétaire général du SNJ-CGT), Mireille Stivala (secrétaire générale de la fédération CGT Santé et action sociale), Jean Marc Devauchelle (secrétaire général de la Fédération SUD Santé Sociaux), Thierry Amouroux (porte-parole du Syndicat National des Professionnels Infirmiers SNPI), Hafsa Askar (Secrétaire Générale de la FSE), Denis Lalys (secrétaire général de la FNPOS de la CGT), Ana Azaria (présidente Femmes égalité), Lenny Gras (porte parole du MNL), Mathieu Devlaminck (UNL), Aneth Hembert (co-secrétaire fédérale des Jeunes Ecologistes), Jean-Christophe Sellin et Hélène Le Cacheux (coordinateurs du Parti de Gauche), Jean-François Pellissier et Myriam Martin (porte parole d’ENSEMBLE !), Christine Poupin et Olivier Besancenot (porte-parole du NPA), Christian Pierrel (porte parole du PCOF), Christian Eyschen (secrétaire général de la Libre Pensée), Martin Méchin et Louise Tort (Black Robe Brigade), Anthony Caillé CGT-Police, Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole Droit Au Logement, Delphine Glachant, présidente de l’Union syndicale de la psychiatrie.

Elu·e·s : Éric Coquerel (député LFI), Elsa Faucillon (députée PCF), Eric Piolle (maire EELV), Jean-Luc Mélenchon (député LFI), Sébastien Jumel (député PCF), Emilie Carriou (députée Nouveaux Démocrates), Clémentine Autain (députée LFI), Aurélien Taché (député Nouveaux Démocrates), Mathilde Pannot (députée LFI), Pierre Dhareville (député PCF), Caroline Fiat (députée LFI), Manon Aubry (députée LFI), Adrien Quatennens (député LFI), François Ruffin (député LFI), Muriel Ressiguier (députée LFI)

Personnalités : Youcef Brakni (militant antiraciste), Sandrine Rousseau (EELV), Caroline Mecary (avocate), Taha Bouhafs (journaliste), Jean-Marie Harribey (économiste), Arie Alimi (avocat), Kevin Vacher et Deborah Ozil (Rencontre des Justices), Stéphane Joueux (syndicaliste), Nicolas Mayart (journaliste), Dominique Plihon (économiste), Paul Poulain (spécialiste des risques industriels), Laure Vermeersch (L’ACID), Gilles Perret (réalisateur)

https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/refusons-le-projet-de-loi-sanitaire-et-les-regressions-sociales-20210722_UB4ASS6UARC5PLCU3FJVN5VV7U/

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article58975

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Communiqué de la Coordination Nationale du 20 Juillet 2021 - Plus nous vaccinerons A

Communiqué de la Coordination Nationale du 20 Juillet 2021 - Plus nous vaccinerons B

Communiqué de l'USP_Sommes-nous des obligés

 

 

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Quelques réflexions sur la contestation
à la politique sanitaire

La situation actuelle – en France mais surtout, « dans la rue », dans les réactions aux annonces, dans les polémiques – amène à la réflexion. 

Et surtout, devrait inviter un peu plus à l’action de la « gauche de lutte » dans son ensemble.

À mon avis il faut calmement mais sérieusement prendre la mesure de ce qui est entrain de se jouer, sans ignorer aucun éléments. 

Certes, on aimerait que la réaction immédiate de la population soit de se mobiliser massivement contre les réformes des retraites et du chômage et la casse de la Sécu. 

Et il faut espérer qu’en septembre un mouvement de masse affronte le gouvernement sur ces questions, avec pourquoi pas une grève générale. Et si on veut que cela ait lieu, on doit par ailleurs y travailler.

Mais.  Lire la suite

Interview avec la féministe Pinar Selek, symbole de la Turquie qui résiste !

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Pinar Selek, sociologue, écrivaine, féministe, antimilitariste, est LE symbole d’une Turquie résistante contre son état autoritaire. Poursuivie par un procès qui dure depuis dix-neuf ans, condamnée à perpétuité, le régime turc veut briser sa voix et sa plume !

On peut légitimement parler d’acharnement judiciaire et dénoncer un règlement de comptes politique tramé dans les plus hautes sphères du pouvoir.

Le dernier acte date de janvier 2017 : après un quatrième acquittement, le procureur de la Cour suprême a demandé que cette décision soit annulée comme les trois précédentes. Sans produire la moindre nouvelle preuve à charge, cela va sans dire.

L’affaire Pinar Selek est un cas unique dans l’histoire du droit de la Turquie, révoltant à bien des égards ! Mais, malgré la répression, la torture, son emprisonnement, les multiples procès, malgré son exil forcé en France depuis deux décennies, elle est de tous les combats avec une ardeur infatigable.

Adolescente à Istanbul, elle a vécu aux côtés des enfants des rues et des prostituées, a lutté pour la reconnaissance du génocide arménien et pour la libération du peuple kurde. Aujourd’hui, elle lutte en faveur des migrant- e-s, se bat contre le patriarcat, le capitalisme et les systèmes de domination en faisant toujours le lien entre ces luttes. Lire la suite

Communiqué : Projet PRAXIS, MEMOIRE, ARCHIVES, Genève

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RESISTANCE ET HOSPITALITE POLITIQUE

50 ans. Aujourd’hui… (1968-2021)

Le projet PRAXIS, MEMOIRE, ARCHIVES (base de données, 1 000 matériaux, textes, Déclaration publique 2021), publié en ligne en mai 2021 (desexil@gmail.ch). C’est le résultat d’un travail mémorial de résistance.

Ce qui était le refus d’une Europe néo-libérale, capitaliste, guerrière est devenu la création d’une Europe alternative en cours.

Ce qui était de l’ambiguïté structurelle est devenu, par l’analyse critique, le repérage de mensonges politiques visant la passivité et la compromission.

Ce qui était de la violence, violence d’Etat est devenu de la torture et dans certains cas des crimes pénaux internationaux.

Ce qui était l’attaque de la Résistance par le délit dit de « solidarité » est devenu un autre délit commis par un autre criminel : le délit de refus de l’hospitalité politique par la violence d’Etat.

Ce qui était un savoir autonome, fragile, devient le tissage du « droit d’avoir des droits » (Hannah Arendt), de liens entre des luttes, actions de Résistance de la « société civile » qui s’étend aux professions, aux universités, à de nouveaux liens multiples, etc.

Il est possible d’imaginer, de vivre, d’expérimenter le desexil de l’exil et l’hospitalité politique en refusant l’apartheid, des mensonges politique de la force, une civilisation de pillage, de destruction. Des praxis de Résistance nous l’apprennent. Lire la suite

Duo piano saxo/clarinette/trombone (11)

Parmi les duos possibles, je garde un attachement pour la formule piano saxophone, clarinette ou trombone. Particulièrement ouverte aux dialogues, aux décalages, aux inventions, cette alliance sonore réserve de multiples surprises. Au hasard de ré-écoutes récentes. Voir précédentes notes : Lire la suite

#Avortement. Le 25 septembre, on manifeste

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« Un cri de désespoir » et autres textes sur Cuba

Il semble très possible que tout ce qui s’est passé à Cuba depuis le dimanche 11 juillet dernier ait été encouragé par un nombre plus ou moins grand de personnes opposées au système, certaines d’entre elles étant même payées, dans l’intention de déstabiliser le pays et de provoquer une situation de chaos et d’insécurité. Il est également vrai que par la suite, comme cela se produit habituellement dans ce genre d’événements, des actes de vandalisme opportunistes et déplorables ont eu lieu.

Mais je pense que ni l’une ni l’autre de ces évidences n’enlève une once de raison au cri que nous avons entendu. Un cri qui est aussi le résultat du désespoir d’une société qui traverse non seulement une longue crise économique et une crise sanitaire momentanée, mais aussi une crise de confiance et une perte d’espérances. Lire la suite

Aux États-Unis, les géants du numérique sortent les griffes contre l’émergence du syndicalisme

Le 9 avril dernier, les employé·es du site [de l’entrepôt Amazon de Bessemer dans l’Alabama] ont voté à une écrasante majorité contre la création d’une section syndicale, lors d’un scrutin très suivi aux États-Unis. Mais depuis, des témoignages de travailleur·euses ont émergé accusant le géant du commerce en ligne d’avoir cherché à interférer dans le vote, en demandant aux services postaux d’installer une boîte à l’extérieur du site, visant à recueillir les bulletins des salarié·es. La presse américaine a révélé qu’au cours de la campagne syndicale, Amazon avait encouragé à de multiples reprises les employé·es à se servir de cette boîte aux lettres [pour voter], installant même une petite tente autour d’elle. Une initiative critiquée par le puissant syndicat du commerce de détail, des entrepôts et des grands magasins (Retail, Warehouse and Department Store Union – RWDSU), qui aurait représenté les salarié·es en cas de victoire du « oui ». Celui-ci estime que l’installation de la boîte à la demande d’Amazon a pu dissuader certains travailleur·euses de participer au scrutin, par crainte d’être surveillés. Sur les 5 800 salarié·es invités à prendre part au vote, 45% ont préféré s’abstenir. Lire la suite

La politique migratoire européenne et le régime marocain sont tous les deux responsables du drame de Ceuta

Depuis le lundi 17 mai, plus de 8000 personnes migrantes ont franchi la frontière qui sépare le Maroc de l’enclave espagnole de Ceuta et près de la moitié ont déjà été refoulée dans le chaos. Sur fond de crise diplomatique, cette nouvelle tragédie est le symbole de la violence d’un système de dépendances néocoloniales imposé par les puissances européennes avec la connivence de ceux qui gouvernent au Maroc. Lire la suite